On le sait, le dossier de la centrale électrique dans le zoning industriel de Seneffe-Manage fait grincer des dents. Plusieurs recours ont d'ailleurs été introduits par les deux communes concernées et ses habitants dans le but de faire stopper les démarches d'Eneco, porteuse du projet. Dans un communiqué, la société néerlandaise informe que le premier permis a bien été délivré. " Eneco a été informée de l’absence de décision des Ministres Borsus et Tellier suite aux différents recours introduits contre le permis unique accordé, en première instance, pour le projet de centrale à Manage", écrit Eneco. " Ceci confirme la volonté de la Wallonie d’être un acteur de la transition énergétique. Bien que ce maintien du 1er permis ne réponde pas à certaines objections d’Eneco il ouvre la voie à la construction et l’exploitation d’une centrale à cycle combiné turbine gaz – vapeur de 870 MW dans le zoning industriel de Seneffe - Manage."

Pour rappel, la centrale sera alimentée dans les premières années par du gaz naturel, en tant que combustible. Le projet sera ensuite construit de manière à pouvoir passer à l'hydrogène vert à moyen terme, dès que la production durable de ce combustible et les possibilités de stockage et transport seront suffisantes. Selon Eneco, le projet répond "parfaitement" aux demandes du gouvernement fédéral pour la construction de nouvelles centrales, en vue de la sortie du nucléaire. "Ce projet participe activement à la transition énergétique en proposant un complément idéal aux énergies renouvelables et en assurant la sécurité d'approvisionnement en Belgique", peut-on lire. "Notre pays a besoin d’unités de production énergétique flexibles comme les centrales turbine gaz - vapeur, pour compenser l’arrêt du nucléaire et s’engager réellement dans la transition énergétique."

La société est donc confiante pour la suite du projet, après les avis positifs de toutes les instances administratives. Eneco précise qu'elle respecte toutes les normes et règlements en matière d’urbanisme et d’environnement. Dans les prochaines semaines, une analyse des moyens sera réalisée pour permettre de relever les défis posés par les conditions qu’il a contestées dans son recours. 

Pour Eneco, la centrale "représente pour la région du Centre une opportunité unique d’accueillir, pour les 25 prochaines années, un investissement de près d’un demi-milliard d’euros." Une déclaration qui ne devrait pas calmer l'atmosphère électrique entre les ministres Willy Borsus et Céline Tellier, et les autorités communales. Même si dès le début du projet, Eneco souligne qu'elle a entamé une démarche d’ouverture et de dialogue avec toutes les parties prenantes. "Les remarques des opposants formulées dans les recours seront examinées avec soin et le dialogue entamé avec les communes et les riverains, afin d’améliorer le projet", termine Eneco. 

Au lendemain de l'annonce, la commune de Seneffe accuse le coup. Face à l'absence de décision aux recours introduits au ministre Borsus, le collège constate qu'aucune réponse n'a été donnée, laissant les interrogations bien présentes. "Nous avions estimé que l'endroit choisi n'était pas adéquat", explique Bénédicte Poll, bourgmestre. "Les infrastructures sont en totale rupture avec l'environnement urbanistique. Nous avons également des inquiétudes environnementales importantes.

C'est le même son de cloche du côté de Manage. "Visiblement, on a décidé de ne pas décider au gouvernement wallon", déplore le bourgmestre, Bruno Pozzoni. "Nous avons toujours émis un avis négatif contre ce projet, et le collège devrait continuer dans ce sens." Pour les communes de Manage et de Seneffe, les collèges se réuniront donc respectivement dans les prochains jours pour déterminer la suite des évènements, même si vraisemblablement ils continueront dans la lignée de ces derniers mois. Selon nos informations, un seul recours est encore possible pour les autorités communales, celui devant le Conseil d'Etat. Nous devrions avoir davantage de détails dans les prochains jours.