L’affaire Bruno Scala n’a pas fini de faire parler d’elle à Chapelle-Lez-Herlaimont. Pour rappel, une motion de méfiance avait été déposée à son égard par le groupe PS qui n’avait pas apporté de justification à cette décision. Le premier échevin avait alors décidé de saisir le Conseil d’Etat afin de s’opposer à cette décision qu’il jugeait "diffamatoire". Soutenu par son avocat, Maître Uyttendaele, l’échevin a finalement obtenu un sursis puisque le Conseil d’Etat a décidé de suspendre la motion de méfiance dont il était la cible. L’affaire ne s’arrêtera néanmoins pas là puisque le PS est bien décidé à justifier sa décision d’introduire une motion de méfiance afin qu’elle soit bel et bien appliquée.

"Suite à la motion de méfiance du 30 mai dernier à mon égard, j’ai décidé de rentrer un recours en extrême urgence auprès du Conseil d’Etat. L’audience a eu lieu mercredi dernier. La décision nous est parvenue le lendemain et stipulait que la motion était suspendue par manque de justification de la décision du groupe PS", indique Bruno Scala. "Je retrouve donc, avec effet immédiat, mon statut et mes attributions. Je suis donc très satisfait de pouvoir reprendre mes dossiers en cours. Cela prouve également que j’avais raison et que la gestion de la crise avait été gérée de façon catastrophique par le collège."

Bien qu’il ait gagné cette "bataille", Bruno Scala n’a pas gagné la guerre. Le groupe PS est en effet bien décidé à motiver les raisons de la motion de méfiance à l’égard de Bruno Scala afin qu’elle soit finalement appliquée. "Le Conseil d’Etat n’a pas annulé mais bien suspendu la décision. Nous sommes dans le contexte où une loi régionale est combattue par une loi fédérale. La loi régionale du gouvernement wallon, qui remonte à 2005 sur la motion de méfiance, dit clairement que cette dernière est un acte politique qui ne doit pas être motivé", explique Karl De Vos, bourgmestre de Chapelle-Lez-Herlaimont. "Nous avons donc décidé d’appliquer cette motion de méfiance sans motivation pour ne pas déballer le linge sale en public, surtout en faveur de Monsieur Scala. C’était ainsi une manière de le respecter. Mais puisqu’il a voulu aller au Conseil d’Etat en extrême urgence pour combattre cette décision, les motivations qui n’étaient pas là la première fois le seront la seconde fois."

Il est donc clair que cette histoire n’en restera pas là. Un autre point de discorde survient également sur les attributions actuelles de Bruno Scala. "Nous attendons de voir ce que notre avocat dit pour voir si nous allons introduire une nouvelle motion de méfiance avec les motivations ou bien si on complète la précédente lors du prochain conseil communal du 27 juin", poursuit Karl De Vos. "Entre les deux, il redevient échevin mais sans attribution, ce qui sera d’ailleurs confirmé au collège de demain matin. La totalité du groupe socialiste avait voté en faveur de cette motion de méfiance, la rupture de confiance est donc bien là."

La rupture de confiance étant, le groupe socialiste ne va pas en rester là. Les motivations qui devraient être apportées ou qui constitueront la nouvelle motion de méfiance devraient concerner la succession dans le cadre de la présidence de l’asbl Centre Culturel.