Les finances, c'est la question qui fâche à Braine. Chaque tête de liste réagit

À l'approche des élections, nous avons épinglé un thème par commune pour y faire réagir chaque tête de liste. À Braine, la question qui fâche, c'est celle des finances. Les comptes sont passés dans le rouge au cours de cette mandature. La Ville est aujourd'hui sous tutelle du CRAC. Comment poursuivre dans ce contexte l'assainissement des finances tout en investissant dans des projets pour la collectivité ?

Pour Ecolo, la mise sous tutelle du CRAC ne doit pas être prise à la légère. "C'est comme un ménage qui a mal géré ses dépenses et qui est placé en médiation de dette", dégaine Nino Manzini. "Le MR a eu l'échevinat des Finances au cours des deux dernières mandatures. Ce sont eux les responsables. L'avantage du CRAC aujourd'hui, c'est que les dépenses ne peuvent plus être sous-estimées et que les recettes ne peuvent plus être gonflées."

Une comparaison qui a ses limites pour le bourgmestre Maxime Daye. "La comparaison avec le ménage est bonne", relève le candidat de la liste Braine. "Quand on a un bon emploi, qu'on touche des primes, on estime avoir les reins assez solides pour acheter une maison ou une voiture. Et on emprunte pour cela. Comme tout le monde, la Ville est endettée. La dette de Braine est importante, c'est vrai, parce que nous avons voulu rattraper trop vite le retard qui avait été pris dans les investissements. Il y a eu la piscine, projet approuvé à l'unanimité. Nous avons aussi continué à investir dans les voiries. Trop sans doute. Et il y a eu un excès d'optimisme lorsque nous avions baissé l'IPP. Dès que je m'en suis rendu compte, j'ai tiré la sonnette d'alarme. Je n'ai que 35 ans, mais je sais reconnaitre mes erreurs d'appréciation et les corriger. Si la comparaison avec un ménage est bonne, c'est faux de dire que le CRAC est un service de médiation de dette. Nous ne sommes pas en faillite. Nous avons dû recourir à un prêt de 3 millions d'euros du CRAC pour nous remettre à flots. Nous avons préféré cette option, avec pour conséquence une augmentation de la fiscalité, à celle du licenciement du personnel. Je sais que beaucoup d'autres communes vont également devoir augmenter la fiscalité, ça se discute en coulisse. À Braine, nous avons dû le faire plus tôt."

Pour les socialistes, celui qui promet une baisse d'impôt s'engage dans le mensonge. "Nous avons les chiffres, c'est impossible dans la situation actuelle", tranche Olivier Fievez, échevin sortant du PS. "On peut envisager une modulation de certaines taxes. Pour le reste, il faudra faire preuve d'originalité. C'est ce que nous avons fait dans notre programme avec 66 propositions concrètes, finançables et réalistes, à mettre en place dans les six années à venir. Par exemple, nous proposons d'inscrire dans le règlement communal qu'il faut imposer automatiquement des charges d'urbanisme aux promoteurs immobiliers. Ces charges peuvent financer toute une série de services. Ça peut aussi permettre de freiner l'urbanisation. Nous pensons qu'il faut d'abord digérer les projets en cours et avons fixé un chiffre pivot, 25.000 habitants, pour préserver le caractère bucolique de nos villages."

Investir en gardant la tête froide, c'est possible pour la liste Ensemble. "Pour élaborer notre programme, nous avons sondé les citoyens. Parmi les propositions de projet que nous avons reçues, beaucoup ne demandent pas de gros investissements", souligne Pierre-André Damas. "On ne peut pas faire autrement pour le moment, en attendant que certains gros points de la dette, comme la piscine ou la salle Baudouin V, se réduisent. Pour nous, la solution est d'impliquer davantage le citoyen dans l'aménagement de sa ville. Je pense notamment à l'aménagement du quartier de l'ancienne poste."

Pour Ecolo, il faut tout remettre à plat. "Il faut s'asseoir autour de la table, analyser les chiffres et voir où on met les priorités. Tout ça dépendra évidemment de la majorité en place", indique Nino Manzini.

Maxime Daye se veut serein pour l'avenir. "Nous allons tout faire pour supprimer la taxe sur les égouts. Elle génère 450.000 euros par an, il faudra les récupérer autrement", précise le bourgmestre. "C'est pourquoi il faut chaque année, investir en fonction des disponibilités et inscrire le tout dans une ligne du temps réaliste pour les six prochaines années. Il faut aussi se monter créatif. On nous taxe parfois de bling-bling, mais si on prend l'exemple du Hazard Village, ça n'a pas coûté d'argent à la Ville, ça en a même rapporté. Idem pour le Ronquières Festival qui a coûté de l'argent la première année seulement, mais qui tourne aujourd'hui, notamment grâce à des sponsors que je suis allé moi-même trouver. Il y a toute une série de projets comme ceux-là qui peuvent être menés à moindre coût."