Le PS pourrait tenir compte de ce signal mais aucun accord n’est encore bouclé

Dans la Cité des Loups, le grand gagnant de ces élections ni pas le PS mais bien le PTB. Seul parti en progression, il décroche sept sièges, soit six de plus que lors de cette dernière mandature. À titre de comparaison, le PS en obtient 24 (-1), MR-IC en garde six, Ecolo n’en garde que deux sur trois et Plus&cdH en décroche quatre (-1 par rapport à 2012 sous la bannière cdH.) Il faudra donc composer avec la gauche.

“Pouvoir compter sur sept conseillers, c’est une excellente nouvelle pour nous”, commente Antoine Hermant, évidemment ravi. “Nous allons pouvoir intensifier notre travail au conseil, plaider pour davantage de logements accessibles à tous ou pour la création de maisons médicales dans les quartiers, par exemple.”

Cette véritable percée du PTB s’explique simplement, selon le chef de file. “Je pense que le travail accompli au conseil communal a été reconnu. Mais il s’agit aussi d’une mouvance plus générale. Je pense que les électeurs en ont assez des partis traditionnels, c’est un ras-le-bol qui se manifeste.”

Le PTB pourrait-il dès lors entrer en coalition si l’occasion lui en était donnée ? “Aucune discussion n’a été entamée mais nous ne fermons aucune porte. Nous espérons en tout cas une politique de rupture, une remise en question du PS. Notre seule condition sera d’avoir une vision globale de ces six prochaines années et de pouvoir appliquer notre programme.”

De son côté, le bourgmestre Jacques Gobert (PS) rempile et se dit ouvert. “Le PTB a grignoté dans tous les partis traditionnels. C’est un enseignement dont il faudra tenir compte”, assure-t-il. Ce lundi soir, le socialiste rencontrait les instances du PS et plaidait pour une ouverture de la majorité. “Nous n’y sommes pas contraints mais j’y suis réellement favorable. Je souhaiterais rencontrer chaque parti afin de voir ce qui pourrait être envisagé.”

Chez les Bleus, le renforcement du PTB passe en tout cas très mal. “Nous sommes déçus et inquiets pour la population et pour l’image de notre ville”, confie Olivier Destrebrecq. “Si le PS nous convie aux discussions, nous répondrons favorablement. De notre côté, nous verrons quelles seront nos possibilités de défendre deux points importants : la dépolitisation des structures et la diffusion des conseils communaux sur la toile, ce qui permettra aux citoyens de se rendre compte du manque d’efficacité du PTB.”