À quelques jours du scrutin communal, La DH dépose ses carnets dans chacune des communes du Centre. L'idée étant, dans un premier temps, de débattre autour d'un sujet épineux, à travers "La question qui fâche", posée à chaque liste (voir ci-dessous). Nos journalistes essaieront également de découvrir les affinités entre les différents groupes qui pourraient s'allier pour constituer la majorité. Enfin, au travers d'un troisième article, les différentes listes dévoileront les premières mesures qu'elles mettraient en place si elles sont élues. Focus ce dimanche sur Le Roeulx !

Dans la Cité des Princes, les additionnels à l'impôt sur les personnes physiques (IPP) sont passés de 7,7 à 8,5 % en 2006 avec l'arrivée de Benoît Friart. Une hausse de la fiscalité qui n'a pas empêché le bourgmestre de conforter sa majorité en 2012. Mais voilà que l'opposition Alternative fait du retour de l'IPP à 7,7 % son cheval de bataille. Pour Ecolo, l'argent pourrait être mieux utilisé. Une baisse de la fiscalité au Roeulx, réaliste ou déraisonnable ?

Pour Géry Bombart, tête de liste Alternative, la fiscalité doit plus tenir compte de la justice sociale. "L'IPP a été augmenté. 19 taxes ont également été revues à la hausse", assène le candidat d'opposition. "Nous voulons revoir la fiscalité pour qu'elle soit plus juste et équitable. On s'attaque toujours aux revenus du travail, mais il y a d'autres sources. Le bourgmestre rétorquera qu'il n'a pas de grand zoning pour taxer les entreprises. Mais à Silly, ils ont un taux de 7,2 % et pas de zoning non plus. Et la commune n'est pas mal entretenue. Il faut arrêter de toujours chercher l'argent dans les poches du citoyen. À la rue de la Station par exemple, il y a plein d'hangars qui drainent un important charroi de camions. Ça use les routes. Et ce sont les citoyens qui paient."

Pour Ecolo, l'IPP peut rester à 8,5 %. Mais l'argent peut être mieux utilisé. "Redescendre l'IPP pour le remonter ne servirait à rien", prédit Patrica Gracefa, tête de liste chez les Verts. "Les comptes dégagent toujours un excédent. Tant mieux si la gestion financière est bonne. Mais nous pensons que les investissements devraient profiter à un maximum de gens plutôt que d'être alloués à des infrastructures grandioses qui ne profitent pas au plus grand nombre. Je pense notamment à la possibilité de relier la ville aux différents villages de l'entité par des axes de mobilité douce. Je pense aussi aux seniors qui n'ont pas toujours la possibilité d'assister aux différentes manifestations organisées au Roeulx. L'offre du taxi social devrait être élargie."

Descendre l'IPP n'est pas réaliste pour Benoît Friart. Mais les IC s'engagent à ne pas l'augmenter."Nous sommes dans la moyenne de la région pour l'IPP. Pour le précompte immobilier, nous sommes même parmi les plus bas", relève le bourgmestre, tête de liste IC. "Sans zoning, comment continuer à investir pour le Roeulx en se privant de ces impôts qui sont les principales sources de revenus d'une commune ? Nous sommes très rigoureux au niveau de la gestion. Je gère la Ville comme je gère la brasserie. Et nous terminons nos exercices avec un léger boni à chaque fois. C'est parce que nous serrons les boulons et regardons à chaque dépense. Quand je suis arrivé au mayorat, nous avions 65 équivalents temps plein. Nous en avons aujourd'hui 55 avec une masse de travail qui est faite en plus. Et nous investissons aussi beaucoup. Le citoyen est exigeant et il a raison. Pour raisonnablement continuer à maintenir la ville au niveau où elle est, il y a besoin de cette fiscalité. Ceux qui promettent de réduire les impôts n'y connaissent rien et font du populisme bon marché."