La réponse de la ville de La Louvière était particulièrement attendue par les supporters de la RAAL. Le club était en effet le seul candidat à avoir répondu à l’appel à projets lancé par la ville en mars dernier en vue de réaménager une partie du site du stade du Tivoli en plaine sportive pluridisciplinaire. C’est finalement ce mardi que le suspense a pris fin. Réuni la veille, le collège communal a décidé de donner le feu vert aux négociations avec le club.

Rien n’est cependant joué et de longues discussions devront être menées avant même d’envisager conclure un accord. "Nous sommes très enthousiastes à l’idée de soutenir ce projet", a d’emblée clarifié le bourgmestre de La Louvière, Jacques Gobert (PS). "Il est innovant et répond aux ambitions d’avenir et de développement de la ville. Mais il s’agit aussi d’un projet complexe et il s’avère qu’à l’examen du dossier, plusieurs obstacles juridiques et techniques ont été mis en lumière."

Ces obstacles, importants, devront à tout prix être surmontés pour que le dossier ne soit pas aussitôt relégué au placard. "Certains éléments portent sur la recevabilité même de l’offre déposée, d’autres sur les conditions soumises par le club et sur lesquelles la ville ne peut pas s’engager, juridiquement parlant. Le club réclame par ailleurs de notre part la prise en charge des travaux d’aménagements aux abords du stade ou l’obtention d’un permis sans condition."

Deux demandes qui ne peuvent et ne pourront être rencontrées. "C’est un investissement de près de quatre millions d’euros qui nous est réclamé, avec un calendrier imposé et des indemnités si la ville ne parvenait pas à se caler sur celui-ci. Lorsque l’on mène pareil chantier, les contraintes du privé et du public sont différentes. Par ailleurs, nous ne pouvons en aucun cas préjuger de l’avis qui sera rendu par le fonctionnaire-délégué, qui délivrera le permis alors que la ville ne rend qu’un avis."

À l’initiative de la ville, une première rencontre a déjà été organisée entre avec club et ledit fonctionnaire. "On ne cache pas que ce n’était pas très positif. Nous avons essuyé des critiques quant au fait que ce stade serait construit en centre-ville et non en périphérie, mais c’est un choix que la ville assume totalement et qui se justifie par la présence du Tivoli. Des critiques ont également été émises sur l’intégration architecturale du projet du club, mais tout peut encore évoluer."

Bref, il y aura du travail pour qu’un accord soit conclu entre la ville et le club, et dans un second temps pour convaincre le fonctionnaire-délégué. "C’est un projet auquel nous croyons énormément et que nous entendons soutenir. Mais à ce stade, de nombreux points doivent être soulevés. Nous travaillons dans l’intérêt général et l’une des conditions imposées pour que l’on concède le site via un bail emphytéotique, c’est que le stade soit accessible au plus grand nombre."

Et donc également à l’URLC. "C’est une exigence sur laquelle la ville ne reviendra pas, il est hors de question que l’URLC soit mise à l’écart alors que si le projet abouti, le stade du Tivoli sera reconverti en centre d’athlétisme." La ville souhaite tirer les leçons du passé (comprenez le projet Strada) en réglant en amont et non à posteriori les éventuels problèmes qui pourraient être rencontrés dans le cadre de la concrétisation de ce projet.

L’offre étant valable 150 jours à compter de la date de dépôt du dossier de candidature, la ville et le club disposent encore d’une centaine de jours pour finaliser un accord.