Dans quelques jours, le Ministre wallon de l’Aménagement du territoire, Willy Borsus, devra se prononcer sur la demande de révision du plan de secteur sollicitée par Elia, concernant la Boucle du Hainaut. Cette ligne à très haute tension qui doit relier Avelgem et Courcelles, traversant 14 entités. Dans la Cité de l’Amour, le tracé envisagé par le gestionnaire de réseau d’électricité surplombe la maison récemment acquise par le conseiller communal écaussinnois, Sébastien Deschamps (Ensemble).

En février 2020, le chef de l’opposition a acheté une maison au bout de la rue Croisettes, à Écaussinnes. Il y a emménagé durant l’été, loin d’imaginer la douche froide à laquelle il serait confronté en septembre. "J’ai été informé que ma maison se situait dans le périmètre de réservation qu’Elia envisageait de demander pour l’installation de la Boucle du Hainaut", raconte l’élu. "Clairement, si j’avais appris la présence de cette ligne à haute tension au-dessus de ma tête, je n’aurais pas acheté cette maison. La Boucle du Hainaut bafoue le projet de toute une vie, comme beaucoup d’autres. Et voilà que tout cela est entaché par ce projet." Comme beaucoup d’Ecaussinnois, le conseiller craint la dévalorisation des maisons, mais également de l’attrait général de la commune.

Pour le conseiller, il est inconcevable de faire passer cette ligne à très haute tension à proximité des habitations mais aussi des exploitations agricoles et des écoles. "Les intérêts économiques d’un groupe qui réalise plus de 300 millions d’euros de bénéfices en 2019 ne peuvent passer avant la santé et le cadre de vie des citoyens, qui en plus vont devoir payer le demi-milliard d’euros que coûterait ce projet !", déclare Sébastien Deschamps.

Le conseiller ecaussinnois souhaite d’ailleurs démonter le préjugé selon lequel "les politiques ne sont pas concernés". À travers ce coup de gueule, Sébastien Deschamps se fait le porte-parole des familles concernées par le projet, inquiètes des conséquences. "Je ne suis pas le plus à plaindre", admet le conseiller. "Au-delà des tracés, des périmètres, des simulations, il y a des situations familiales qui doivent être vues à hauteur d’homme, et pas depuis des sphères déshumanisées. J’aimerais qu’on se penche sur le sort de chacune de ces familles qui redoutent de voir un tel projet aboutir…"

Alors qu’une nouvelle motion sera votée au prochain conseil communal d’Ecaussinnes concernant la décision de Willy Borsus, c’est l’ensemble des groupes politiques de la commune qui s’unit pour lancer un message fort au gouvernement wallon. Si la décision de Willy Borsus s’avère positive pour la continuation du projet, les réactions du côté des habitants et des élus seront immédiates.