Les professionnels du monde culturel étaient pendus aux annonces du gouvernement, ce vendredi. Mais leurs espoirs de pouvoir relancer leurs activités ont été pour le moins douchés. En mai, seules 50 personnes pourront être accueillies dans le cadre de rassemblements culturels organisés en extérieur. En juin, ce nombre montera à 200, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. On reste évidemment loin des capacités d’accueil généralement instaurées dans le secteur.

Dans la Cité des Loups, on perçoit ces mesures comme un nouveau coup dur. "Près de 250 000 personnes attendent des réponses concrètes depuis plusieurs mois. Nous sommes mi-mai et aucune réponse ne nous est réellement apportée", regrette Vincent Thirion, directeur de Central, le centre culturel régional du Centre. "Certains de mes confrères et organisateurs de festivals évoquent un manque de respect. Je pense que c’est un sentiment qui peut être partagé."

D’autant que l’accueil du public, c’est le quotidien des professionnels de la culture. "Si je prends l’exemple du théâtre de La Louvière, je peux certifier que les conditions sont optimales, notamment parce qu’il dispose d’un extracteur d’air. C’est bien moins risqué de venir au théâtre que de prendre le bus, le métro, le train ou même l’avion. Il y a un réel manque de considération du monde politique pour notre secteur."

Pour Vincent Thirion, les perspectives restent floues. "On se retrouve une fois encore dans une situation qui n’est pas vraiment meilleure que celle que l’on a connue il y a un an. Nous en attendions plus. Et quand on entend certains propos, certaines propositions, on a l’impression d’être de retour sur les bancs de l’école primaire : on nous prend pour des enfants, alors que nous sommes des professionnels."

La situation est d’autant plus fustigée que dans les pays voisins, la vie reprend peu à peu son cours. "L’une des compagnies que nous soutenons vient de se produire dans un théâtre du Luxembourg. Les artistes ont pu aller à la rencontre du public, le public a pu souffler et sortir de ce climat anxiogène. Plus d’un an après la crise, on continue de sous-estimer l’importance de la culture. Nous sommes clairement un secteur oublié."

Diverses manifestations culturelles devraient malgré tout être organisées, dans les prochains jours. "Nous réfléchissons à une action qui s’inscrira dans le cadre du mouvement Still Standing for Culture. Le 15 mai, nous aurions dû célébrer la journée mondiale du Louviérois mais nous sommes obligés de repenser, encore, notre concept." Loin de se démonter malgré la lassitude, la colère, la frustration, les équipes de Central tentent de garder la tête hors de l’eau.

C’est ainsi qu’un spectacle de cirque sera proposé en extérieur, avec un maximum de 50 personnes, les 28, 29 et 30 mai prochain, et que le 29 mai, une scène ouverte prendra place sur la place Mansart. Enfin, en juillet et en août, le cinéma en plein air En Voiture Simone sera relancé.