Centre Une assemblée du personnel se tiendra en urgence ce jeudi après-midi.

L'atmosphère est plus que jamais électrique au sein de l'usine Durobor de Soignies. La direction vient d'informer la délégation syndicale que huit licenciements seront actés dès ce vendredi. "Cette décision a été annoncée d'une manière assez brutale", confie Rico Zara (CSC). "Une diminution des emplois avaient déjà été annoncées suite aux nouveaux investissements. Mais ça devait se faire progressivement avec la mise en oeuvre de la nouvelle ligne, sous réserve évidemment de la réalisation de ces travaux."

Les actionnaires de la gobeleterie, Herman Green Invest et la Sogepa (bras financier de la Wallonie), doivent en effet absolument investir pour moderniser l'usine et garantir une qualité de production. Dans le cas contraire, l'entreprise pourrait aller à vers la faillite. L'investissement conjoint serait de 5,5 millions d'euros auquel doit s'ajouter un prêt bancaire de 10,5 millions. Mais la réponse des banques tarde à arriver. "Il semblerait que la direction ait pris cette décision précipitée de licenciements pour tenter de convaincre les banques grâce à une diminution de la masse salariale."

Convaincre les banques en licenciant était-il la bonne solution ? Car cette décision pourrait, au contraire, tout faire basculer. Les travailleurs se réunissent en assemblée général du personnel ce jeudi après-midi. "Je crains que ça soit la goutte qui fasse déborder le vase", poursuit Rico Zara. "La situation est vraiment tendue. Beaucoup de travailleurs ont déjà vu leurs conditions salariales diminuer il y a un an. Après la grève de 2018, la reprise de l'usine avait d'ailleurs été votée in extremis avec 51% de pour."

Une menace de nouvelle grève plane donc sur l'usine. Les travailleurs décideront cet après-midi. C'est la survie de l'usine qui en dépend. "J'ai bien peur qu'ils décident de partir en grève. Cela pourrait être synonyme de cessation d'activités parce que cela mettrait un coup de frein vis-à-vis des banques qui n'ont déjà pas une grande confiance dans ces investissements."

Pour rappel, un accord entre la Sogepa et la direction a été signé pour un premier investissement de 16 millions d'euros dont une partie est soumise à ce fameux accord de prêt bancaire. Cette première phase a pour but de moderniser l'outil et de remettre Durobor dans une logique bénéficiaire. Une seconde phase d'investissements de 22 millions à l'horizon 2022-2023, qui est tenue au succès de la première, servirait à l'achat d'un nouveau four et la construction d'un nouvel hangar de stockage. "Mais il est clair que si les banques refusent le premier dossier, Durobor ira vers la faillite."