Le drame avait secoué la région du Centre en juillet dernier. Talya, âgée de huit ans, avait succombé à ses blessures après avoir été attaquée par un american staff. La maman s’était visiblement absentée quelques instants alors que quatre chiens se trouvaient dans l’habitation, située à Strépy-Bracquegnies. L’un d’eux, particulièrement agressif, avait été abattu sur les lieux. Le second amstaff avait quant à lui été saisi et confié à la SPA de La Louvière.

Six mois plus tard, Aaron s’y trouve toujours. Selon Sudinfo, il est d’ailleurs visible par les potentiels candidats adoptants qui visiteraient le refuge. "C’est effectivement le cas. Nous n’avons pas diffusé sa photo et il n’est pas répertorié sur notre site internet mais il est visible au refuge et si des gens s’y intéressent sérieusement et correspondent au profil, d’éventuelles démarches pourraient être entreprises", explique Gaëtan Sgualdino, président de la SPA.

Les critères sont nombreux. Le candidat adoptant ne devra pas avoir d’enfant ni de projet d’en avoir, devra avoir de l’expérience avec les chiens, devra accepter de suivre des cours et de se soumettre à des contrôles périodiques. "Ce n’est que si ces conditions sont remplies qu’un contact sera pris avec l’avocat et le juge d’instruction. Rien n’est donc fait car l’enquête n’est pas bouclée." Dans un premier temps, l’euthanasie de l’animal avait été réclamée. La SPA, notamment, s’y était opposée.

Aaron a par la suite subi une batterie de tests auprès d’une vétérinaire comportementaliste, chargée d’évaluer son comportement et son éventuel degré d’agressivité. Le rapport est sans équivoque. L’animal, qui reste à considérer comme un chiot compte tenu de son âge, n’a jamais présenté le moindre signe inquiétant, ni depuis sa prise en charge le jour du drame, ni après au refuge. Son implication n’a, à ce stade, pas encore pu être démontrée.

"Le rapport de la comportementaliste a permis d’objectiver certaines choses. Ce que l'on souhaite, c'est qu’Aaron ne passe pas à côté d’une éventuelle opportunité si quelqu’un s’intéresse à lui. Nous demandons de la collaboration et de la confiance de la part des autorités judiciaires dans ce dossier qui, selon nous, se doit d’évoquer la question du bien-être animal. Chaque jour, nous pensons à Talya. Mais nous ne voulons pas que les animaux soient des victimes collatérales du drame alors que ce sont leurs conditions de détention qui étaient problématiques."

La mère de la petite victime réclame de son côté l’euthanasie du chien. Cette dernière n’est, pour l’instant, pas à l’ordre du jour et ne pourrait être pratiquée que par le vétérinaire du refuge.