Le possible départ de la Haute Ecole Louvain-en-Hainaut de La Louvière vers Montignies-sur-Sambre suscite une vive inquiétude dans la Cité des Loups. Ces craintes ont été relayées ce mercredi par trois députés de la région – Michel Di Mattia (PS), Antoine Hermant (PTB) et Jacqueline Galant (MR) – à l’attention de la ministre en charge de l’enseignement supérieur, Valérie Glatigny (MR).

D’une même parole, les trois députés ont alerté la ministre sur les conséquences qu’une délocalisation de la haute école impliquerait nécessairement pour la ville et de La Louvière et plus généralement pour la région du Centre. "Peut-on imaginer une ville comme La Louvière, la cinquième de Wallonie, dépourvue d’établissement de type universitaire ?", a questionné Michel Di Mattia.

Les craintes de renforcer davantage les inégalités ont quant à elles été soulevées par Jacqueline Galant et Antoine Hermant. Tous deux craignent en effet que des étudiants soient contraints de renoncer à entreprendre des études supérieures. "On sait que la proximité des établissements joue un rôle crucial pour beaucoup d’entre eux. Tous n’auront pas la possibilité de rejoindre un campus en transport en commun ou de faire le choix d’une location."

Rien n’est encore fait : la HELHa devra, en mars, communiquer son intention d’intégrer les sections louviéroises à l’arrondissement de Charleroi à l’ARES (Académie De Recherche Et D'Enseignement Supérieur), ce qui nécessitera l’introduction d’une demande d’habilitation en octobre prochain. "Le Pouvoir Organisateur (PO) peut en toute autonomie décider d’organiser les formations sur son implantation", a rappelé la ministre.

"Vu l’émoi suscité par cette annoncé d’intention, j’ai pris contact avec la Haute Ecole, qui justifie sa volonté par la qualité de la formation et les accès aux infrastructures, qu’il convient d’éviter de démultiplier avec un deuxième service de restauration, centre de documentation, service inscriptions,… Il faudra mener la réflexion avec l’ARES et garder en tête l’équilibre indispensable dans l’offre et la proximité. Mais à cet égard, au regard de la règle de 30 kilomètres, cela semble respecté puisque des formations sont organisées à Mons, Nivelles, Charleroi ou encore Braine-le-Comte."

Pour les députés, pas de doute, le départ de la haute école entrainerait un déséquilibre d l’offre des formations au niveau du territoire. "Nous espérons que ce critère de proximité sera pris en compte dans l’élaboration du processus d’habilitation des filières d’enseignement supérieur, qui doit être revu et qui relève des compétences de la ministre ", conclut Michel Di Mattia. Rappelons encore qu’une task-force réunissant toutes les couleurs politiques a vu le jour sous l’impulsion de la CUC.