On vous l’annonçait il y a une semaine : les banques désertent la Cité de l’amour. Après ING et BNP Paris Bas, l’agence Belfius fermera elle-aussi son bureau situé à Ecaussinnes en avril prochain. Une tuile pour les habitants qui ne disposeront plus que d’un seul automate pour toute la commune. Le bourgmestre, Xavier Dupont, s’était déjà exprimé et avait dénoncé le geste des banques.

Ce mardi, Michel Di Mattia, parlementaire pour la circonscription de Soignies-La Louvière, a confronté la société qui travaille avec les quatre banques principales de Belgique en commission des pouvoirs locaux."L'organisme nous a fait part de l'intention des banques de développer un nouveau réseau de distributeurs d'argent sécurisés, des points cash donc", explique Michel Di Mattia. "Il y aurait, soi-disant, une sur-présence de guichets actuellement dans le pays. Mais force de constater que toutes les agences ferment leurs portes. Ecaussinnes n'est qu'un exemple concret. Enlever les bureaux, c'est aussi enlever l'insécurité autour des automates". Les banques trouveraient suffisant d'avoir un seul distributeur pour les 11.000 habitants d'Ecaussinnes. Un argument qui ne passe pas auprès de la commune mais aussi pour les Ecaussinnois. 

L'une des raisons évoquées serait la demande pour la numérisation. De plus en plus de personnes réclameraient de passer uniquement par l'internet. "Je ne dis pas que le numérique ne nous aide pas, bien au contraire", argumente Michel Di Mattia. "Mais la fracture numérique est bien présente en Belgique. Pour les personnes âgées, et pas que, ce n'est pas logique. Ils n'ont pas de moyen de se déplacer à plusieurs kilomètres de leur domicile pour rejoindre une banque". Pour le parlementaire, un déséquilibre existe entre les zones rurales et les zones urbaines. La mission des banques est de service public et elles devraient agir en conséquence. 

Michel Di Mattia a également rappelé l'aide qu'on apportait les autorités communales aux banques. "Il y a treize ans, les pouvoirs publics ont été là pour l'opération de sauvegarde des banques", constate-t-il. "Aujourd'hui, on en arrive à presque quémander pour avoir un minimum de services, ce n'est pas normal !'. Le parlementaire a demandé des solutions à l'échelle fédérale. L'une d'entre-elles pourrait venir du législateur, "qui aurait le droit de fixer des normes adéquates et justes". Affaire à suivre.