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La perte de ces bijoux pendant tant d'années restera probablement un mystère.

C’est ce que l’on peut appeler des retrouvailles exceptionnelles et inattendues. La zone de police de Mariemont vient en effet de remettre au musée royal de Mariemont un sac contenant des objets disparus depuis… Les années 60. Parmi eux, des bijoux et des médailles ayant appartenu à Raoul Warocqué et à sa mère, Mary.

Du côté du musée, c’est évidemment la surprise. Les divers objets étaient contenus dans un sac, déposé anonymement dans les locaux de la zone de police. "Celui-ci contenant un ensemble assez disparate de décorations civiles et de bijoux anciens, remontant pour la plupart au 19e siècle", peut-on affirmer du côté du musée grâce au minutieux travail du conservateur Gilles Docquier, en charge des collections liées à l’histoire régionale et domaniale.

"Un examen attentif de ces pièces a rapidement permis de constater que ces bijoux avaient appartenu à Mary et Raoul Warocqué. On reconnait formellement ces bijoux dans l’inventaire dressé à la mort du collectionneur, en 1917, ainsi que par le biais d’un petit manuscrit comprenant des dessins assez fidèles des bijoux dont il est question, ce qui permet aisément de les identifier parmi les objets remis au musée."

Aux décorations civiles et honorifiques personnelles de Raoul Warocqué s’ajoutent des parures ethniques, quelques bijoux religieux et des bijoux "souvenirs", composés de bracelets et de pendentifs contenant parfois des mèches de cheveux ou encore des portraits photographiques. Si le musée royal de Mariemont ne peut que se réjouir de pareille trouvaille, il ne sera probablement jamais possible de retracer la perte ou le vol de ces joyaux.

"Il est impossible de pouvoir définir quand et quelles circonstances ces bijoux ont quitté Mariemont. Mais on peut affirmer qu’ils étaient encore conservés dans le château Warocqué en 1921, époque où Jules Destrée, alors ministre des sciences et des arts, ordonne la vente de certains bijoux et où une sélection est opérée. Tous les objets revenus à Mariemont récemment n’ont pas intégré cette vente."

La thèse du vol, plus que celle de la simple perte, serait par ailleurs privilégiée. "Il semble bien que cet ensemble ait fait l’objet, à une époque inconnue, d’un vol, peut-être dans l’agitation de l’incendie du château en 1960." Fort heureusement, ce dernier se conclut par une restitution aussi étonnante qu’émouvante pour les conservateurs du musée.