Couturier de profession, ce Syrien de 48 ans travaille bénévolement sans relâche.

Cela fait cinq années que Bassem Salhool et sa famille ont fui la guerre en Syrie pour venir se réfugier en Belgique et plus précisément à Braine-le-Comte. Aujourd'hui, cet ancien entrepreneur dans le textile n'a toujours pas trouvé d'emploi. Mais ce n'est pas pour autant qu'il reste les bras croisés durant cette période de confinement. Loin de là. "Cela fait près de trois semaines que Bassem fabrique entre 30 et 50 masques chaque jour", confie Chantal Demunter, professeure de français langue étrangère de Bassem.

Cette Brainoise, active dans la vie de sa commune, a eu l'idée de faire appel aux services de son élève de 48 ans au début du mois de mars. "Je savais qu'il était couturier et créateur lorsqu'il vivait en Syrie. Il était même chef d'une entreprise avec sa propre marque de vêtements. Je lui ai donc demandé s'il était d'accord de coudre quelques masques. Le jour-même, il en avait déjà fabriqué une trentaine !"

Bassem attend la venue au monde de son cinquième enfant dans les prochains jours. Ce qui ne l'empêche pas de redoubler d'efforts pour coudre les masques. "Il ne veut pas s'arrêter, même le dimanche", sourit sa professeure. "Il m'a dit : "La Belgique m'a aidé il y a cinq ans, maintenant c'est à moi d'aider la Belgique." C'est un superbe message qu'il fait passer. Il gagnait bien sa vie en Syrie mais il a tout perdu avec la guerre."

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De fil en aiguille, le couturier syrien s'est organisé avec Chantal afin de recevoir des tissus en polyester (NdlR : matière recommandée pour la fabrication des masques). "Il a commencé à coudre tout seul puis j'ai trouvé six autres personnes pour l'épauler. Il y a des gens de la région mais aussi deux autres personnes de mon cours de français : une Népalaise et une Albanaise. Ce qui nous permet de produire énormément de masques chaque jour."

Il va de soi que cette petite organisation fonctionne en prenant toutes les précautions d'usage. "Chacun reste chez soi, évidemment. Et l'épouse de Bassem s'occupe de laver les tissus. Pour obtenir un masque, il suffit de m'envoyer un message privé sur Facebook ou de passer via la Ville de Braine-le-Comte. Nous venons par exemple de recevoir une commande pour les kinésithérapeutes et les dentistes de la commune. Puis je m'occupe de livrer les masques ou bien on s'arrange pour placer le colis devant une porte."

Voilà une initiative qui montre non seulement que la solidarité est grande dans notre région. Mais aussi qu'elle vient de partout. "Les migrants arrivent chez nous avec plein de richesse et plein de connaissance. Ils sont prêts à les partager avec nous. Si cette belle action pouvait tomber dans l'oreille d'un entrepreneur de chez nous...", ponctue Chantal Demunter.

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