Ils estiment qu'ils sont trop taxés.

La résistance s’organise dans la Cité des Loups ! Depuis plusieurs semaines déjà, certains commerçants et petits indépendants dénoncent les taxes auxquelles ils sont soumis et déplorent d’être toujours plus étranglés financièrement. Loin de simplement exprimer leur mécontentement à renfort de coups de gueule, une action juridique, en front commun avec le syndicat des indépendants et des PME (SDI), a été entreprise.

Les difficultés auxquelles font face les indépendants, Gary Huart les connait bien. Infirmier indépendant, il travaille notamment au sein du centre de cryothérapie esthétique et thérapeutique Ice Body Therapy. Et pour lui, la coupe est pleine. "Nous contribuons à faire vivre la commune mais on nous en demande toujours plus. On travaille pour renflouer les caisses de la ville", peste-t-il. "Nous sommes écrasés et nombreux sont ceux qui ne parviennent même plus à payer leur loyer."

Ce que Gary Huart reproche aux autorités locales, c’est un manque de soutien. "La commune est dans le rouge, nous en sommes conscients. Mais ce n’est pas aux petits indépendants à payer les pots cassés alors que nous ne bénéficions d’aucune aide. J’ai entrepris cette action avec le SDI parce que certaines taxes sont illégales. D’autres sont tout simplement exagérées. Nous demandons que les premières soient supprimées et les secondes revues à la baisse."

À titre d’exemple, le Louviérois explique qu’il doit cette année payer 450 euros pour son enseigne, contre 50 euros l’an dernier. "Je ne vais pas payer sans aucune raison valable 400 euros de plus pour la même façade, le même bâtiment ! J’ai déjà investi énormément et mon objectif, c’est de faire tourner le centre médical. Certainement pas de travailler pour remplir les poches des autres." Déterminé, Gary Huart a déjà obtenu le soutien de nombreux autres commerçants et indépendants.

Une rencontre a été organisée avec le bourgmestre il y a une dizaine de jours. Aujourd’hui, l’échevin en charge des finances reprécise certaines choses et insiste sur le fait que la volonté n’a jamais été de toucher les petits commerçants. "Que du contraire ! Plusieurs mesures ont été prises pour aider les petits indépendants et supprimer certains aspects discriminatoires, notamment sur le plan géographique", explique Laurent Wimlot (PS).

À ce stade, le collège n’a reçu aucun courrier officiel et attend donc de se positionner. "Nous avons malgré tout demandé à la direction financière de nous faire rapport des conditions d’application des nouvelles taxes afin d’objectiver les choses. Il est toujours possible d’avoir des recours, auquel cas une analyse individuelle du dossier est prévue. Mais nous rappelons que notre règlement a été approuvé par la Région wallonne et que dans le contexte du plan de gestion, le CRAC nous demande d’aller le plus loin possible dans les balises prévues par la circulaire budgétaire."

Bref, à ce stade, rien n’est fait et aucune décision concernant l’application de ces taxes n’est prise.