Une septantaine de moutons saisis rien que dans le Brabant wallon, le sud et l'est du Hainaut. Voilà le bilan de ce vendredi pour les agents de l'unité du bien-être animal de la Région wallonne. Les polices de différentes zones ont mis la main sur des bêtes à Marcinelle, Wavre ou encore Walcourt. "Nous sommes en charge des saisies pour cette partie de la Wallonie mais il y en a également autant qui ont été effectuées par nos collègues de Liège", commente l'un des agents de la Région wallonne.

Dès que la police retrouve des animaux vivants, l'unité du bien-être animal est contactée pour procéder à leur saisie. Ce genre d'opérations est mené avant chaque festivité de l'Aïd el-Kebir mais les saisies sont bien plus nombreuses cette année. "L'an dernier, l'abattage sans étourdissement était encore autorisé en Wallonie. Mais ce n'est plus le cas cette année. La police constate donc énormément d'infractions."

Ce week-end, la communauté musulmane célèbre en effet l'Aïd el-Kebir, aussi connue sous le nom de fête du sacrifice. La tradition religieuse veut que l'on tue une bête, souvent un mouton, au moment de cette célébration. Un geste qui commémore la volonté d'Abraham de sacrifier son fils pour Dieu. Mais la coutume veut aussi que l'on tue l'animal sans l'étourdir au préalable, ce qui rend la viande "halal".

Problème : la Wallonie a interdit cette pratique depuis le 1er septembre 2019, tant dans les abattoirs temporaires et agréés. La possibilité est offerte aux particuliers en Wallonie d’organiser l’abattage à domicile mais une demande d'autorisation doit être adressée auprès des autorités communales. Or, de nombreuses communes refusent ces demandes.

C'est par exemple le cas à Braine-le-Comte où plusieurs demandes ont été émises. "Considérant qu’il est dans la pratique impossible de vérifier si l’animal tué sera bien étourdi avant sa mise à mort, le Collège communal a décidé d’interdire les abattages à domicile", justifie-t-on notamment.

Ces interdictions ont semble-t-il été bravées à plusieurs endroits de la région. Avec autant d'animaux saisis en une seule fois, il a été évidemment compliqué de trouver un refuge capable de les accueillir. Après de longues recherches, les agents de la Région wallonne ont finalement trouvé un toit dans un refuge à Bousval pour 16 bêtes tandis que les autres sont accueillis à Steenkerque (Braine-le-Comte). Là-bas, le refuge Natur'Horse a accepté de prendre en charge pas moins de 65 moutons.

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