C’était le premier événement organisé depuis la levée du confinement et l’ambiance aurait donc dû être bon enfant. Malheureusement, la fin de soirée ne s’est pas du tout terminée comme la Maison des Jeunes de Neufvilles l’avait escompté. Aux alentours de 20h30 ce samedi, la police débarquait et, sans réelle volonté de discuter, exigeait l’évacuation des lieux.

Aujourd’hui, la MJ Neufvilles est redevable d’une amende de 750 euros. "Tout est un peu flou, en réalité. Nous ne savons toujours pas pourquoi les choses se sont déroulées comme cela", regrette Marc Van Malleghem, coordinateur. Lorsque les premiers policiers sont arrivés, on nous a reproché de faire trop de bruit. Nous n’étions pas d’accord avec cette constatation, j’ai donc demandé à vérifier via un sonomètre."

Les choses se sont ensuite envenimées. "Ils n’ont pas accepté et en quelques minutes, ce sont 12 policiers qui se sont déployés autour de nous. Nous étions en règle mais on nous a alors reproché de ne pas respecter la distanciation physique. Nous sommes des professionnels et tout était mis en œuvre pour respecter les mesures de sécurité."

Une cinquantaine de personnes étaient présentes, alors que la superficie du jardin aurait permis de placer la jauge plus haut. "Nous ne voulions prendre aucun risque, c’était notre premier événement depuis mars. Nous avions organisé le concert de quatre groupes locaux, l’ambiance était très bonne. Ce qui me dérange profondément aujourd’hui, c’est qu’à aucun moment, il n’a été possible de dialoguer. On était vraiment dans la répression, presque dans la violence."

Des enfants et des adolescents ont donc assisté à la scène. "Un enfant de 11 ans était en pleurs. Nous respectons vraiment le travail de la police et comprenons que la crise suscite des tensions mais cela ne donne pas une image positive du métier." La maison de jeunes entend désormais contester l’amende qui lui a été infligée. "Sur la forme, elle ne nous parait pas exacte. Elle est adressée à mon nom alors que nous sommes une ASBL. On nous avait aussi précisé que si nous mettions fin à l'événement sans faire d'esclandre, il n'y aurait pas d'amende mais un avertissement."

De son côté, la zone de police de la Haute Senne livre une version des faits bien différente. "Nos équipes ont été appelées vers 20h15 pour du tapage. Sur place, elles ont constaté que les règles de distanciation n'étaient pas respectées, que certains portaient le masque mais d'autres non", explique le commissaire Paul. "Lorsque les services se sont adressés au responsable afin de lui demander l'autorisation d'organisation, ce dernier a fait état d'un arrangement avec les autorités communales et a précisé que les mesures anti-covid étaient "des conneries." Il n'a pas non plus pu présenter la liste des participants avec leurs coordonnées, comme cela est pourtant exigé." 

Un PV pour non-respect des règles de distanciation et d'obligation d'enregistrer les coordonnées des clients fréquentant des lieux publics a donc été dressé. "Nous avons pris la décision qui s'imposait en réclamant la fermeture des lieux", précise encore la police.