Le projet Strada fera encore parler de lui dans les prochains mois et les prochaines années. C’est en effet devant les tribunaux que la saga se poursuivra désormais. Selon nos confrères d’Antenne Centre, le tribunal civil du Hainaut a fixé le calendrier judiciaire. Une audience sera organisée en octobre 2022 pour les plaidoiries des deux parties. Le tribunal devra ensuite rendre une décision, qui pourrait être contestée par l’une ou l’autre partie devant une juridiction d’appel.

En d’autres termes, on est loin, très loin d’avoir bouclé le dossier. Car les enjeux sont importants et d’un côté comme de l’autre, on campe sur ses positions. Le promoteur immobilier Wilhelm&Co conteste la caducité du contrat, déclaré unilatéralement par son partenaire, à savoir la ville de La Louvière. "Rien ne justifie la caducité du marché car dans notre chef, nous entendons l’honorer et développer notre projet", soulignait Peter Wilhelm dans nos colonnes en juin dernier.

"Nous avons d’ailleurs signifié à la ville notre volonté d’acquérir des terrains supplémentaires pour lancer la phase deux du projet immobilier." Face à l’échec des négociations avec la ville, le promoteur s’était engagé à aller devant les tribunaux afin de solliciter, au moins dans un premier temps, l’interdiction de développer d’autres projets, avec d’autres auteurs, sur le site de la Strada. Dans un second temps, d’importantes indemnités seront réclamées. Le groupe Wilco a en effet déjà investi 14 millions d’euros et entend en réclamer des dizaines d’autres afin de couvrir le manque à gagner si le projet ne voyait pas le jour.

De son côté, Jacques Gobert (PS), bourgmestre, s’est toujours montré extrêmement confiant quant à l’issue de cet affrontement. En juin dernier, après analyse juridique du dossier, le collège communal confirmait que la ville "ferait face à la procédure judiciaire avec la plus grande confiance" et qu’elle "conteste avec force l’ensemble des arguments du promoteur." Propriétaires des terrains destinés à accueillir la Strada, la ville entend par ailleurs développer de nouveaux projets sur la friche Boch.

Seule une décision judiciaire permettra cependant aux ex-partenaires d’y voir plus clair. En attendant, l’heure n’est plus aux discussions entre les deux parties et la situation semble gelée. Il faudra dès lors attendre que la justice se prononce sur un dossier dont les Louviérois se seraient définitivement bien passé.