Les autorités communales, judiciaires et policières ont fait le point à 11 heures sur le drame qui s'est déroulé lors du carnaval de Strépy-Bracquegnies, où une voiture a foncé sur la foule lors du "ramassage" des gilles.

Ce dimanche matin vers 5h00, 150 à 200 personnes étaient rassemblées au départ du hall omnisports de Strépy-Bracquegnies pour le ramassage des gilles. Le cortège empruntait la rue Saint-Julien et bifurquait sur la rue des Canadiens pour se rendre dans le centre du village. "C'est à ce moment qu'une voiture est arrivée par l'arrière, visiblement à grande vitesse, et a pulvérisé un nombre important de personnes", a indiqué le bourgmestre Jacques Gobert. Le véhicule a continué sa route avant d'être immobilisé un peu plus loin.


Le bilan à ce stade est "extrêmement lourd", a indiqué Denis Rans, médecin urgentiste et chef du PCO : "six victimes sont décédées sur les lieux. Dix victimes dans un état grave qui ont été transportées dans les hôpitaux de la région et 27 autres victimes qui sont blessées plus légèrement et qui ont également été évacuées vers ces différents hôpitaux." Damien Verheyen, substitut du procureur du Roi, précise que les jours des dix blessés graves "sont actuellement en danger" et parle de "26 blessés légers."

70 personnes, "impliquées mais non blessées", ont été regroupées dans le centre d'accueil ouvert dans la salle omnisports de Strépy. Une assistance psychologique leur a été proposée. "Les secours sur place ont quitté les lieux à 9 heures 30, quand la dernière victime a été évacuée et le dispositif de secours a été progressivement levé." Au niveau des moyens déployés, "5 SMUR ont été envoyés sur les lieux et 16 ambulances pour transporter les victimes vers les différents hôpitaux de la région." Un poste médical avancé a également été établi au niveau d'un home proche du drame. "Cela a permis une prise en charge assez rapide des victimes.

Piste terroriste "pas privilégiée"

Concernant les occupants de la voiture, le substitut Damien Verheyen a déclaré, que "la voiture était occupée par deux personnes qui ont été interpellées, respectivement nées en 1988 et 1990, originaires toutes les deux de La Louvière. Dès que le parquet du Procureur du Roi a été avisé de ses faits, un juge d'instruction a été saisi du chef de meurtre."

"Divers devoirs ont déjà été exécutés et notamment la descente sur les lieux des autorités judiciaires à savoir le parquet du procureur du roi, et un juge d'instruction ainsi que le laboratoire de la police judiciaire fédérale, un expert automobile et un médecin légiste."


Les deux personnes interpellées n'avaient pas encore été auditionnées ce matin. "Elles ne sont pas connues des autorités judiciaires pour des faits similaires. Divers devoirs devront encore être réalisés dans le cadre de cette enquête pour faire la lumière sur ce drame et notamment une reconstitution qui permettra d'établir le trajet exact du véhicule et éventuellement de déterminer le mobile de l'auteur ou des auteurs."

A ce stade, Damien Verheyen s'est montré clair: "la piste terroriste n'est pas privilégiée. Aucun élément ne permet de penser à une motivation terroriste en l'état actuel."

Le Roi, le premier ministre Alexander De Croo et la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden sont attendu sur les lieux à 16h.

Le bourgmestre Jacques Gobert très ému

Catastrophe. C'est le premier mot qu'a employé le bourgmestre Jacques Gobert pour qualifier l'événement, qui s'est produit lors du premier carnaval d'après-confinement à La Louvière. "Catastrophe par rapport aux nombre de victimes, par rapport au nombre de victime." A plusieurs reprises, Jacques Gobert est apparu au bord des larmes, s'interrompant plusieurs secondes durant son allocution à la presse.

Le drame touche particulièrement le bourgmestre puisqu'il habite le village de Strépy-Bracquegnies. "La quasi-totalité des personnes qui se trouvaient là, je les connaissais", a-t-il confié. Antonio Gava, un de ses échevins, a été blessé, renversé et projeté au sol par la voiture. Il souffre d'une fracture du pied et d'une entorse au genou, mais n'est pas gravement blessé.