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Mais certains travailleurs ne l’ont pas attendu pour aller de l’avant.

Cinq semaines après l’annonce de la faillite, de l’eau a coulé sous les ponts de l’usine Durobor de Soignies. Herman Green est parti, deux curateurs sont arrivés et deux sérieux candidats repreneurs se sont ensuite manifestés. Dont l’un, venu du golfe Persique, qui a déjà conclu un accord avec la Sogepa (bras financier de la Wallonie et propriétaire des bâtiments).

Ce candidat repreneur mystérieux arrivera en Belgique cette semaine, peut-être même d’ici à mercredi. « Il doit venir cette semaine pour visiter l’entreprise et poursuivre les discussions avec la Sogepa », explique Stefano Fragapane (FGTB).

En parallèle, les 150 anciens travailleurs de l’usine observent cette situation avec le plus grand intérêt puisque le projet exposé par ce candidat repreneur devrait permettre la sauvegarde de la plupart des postes. Mais certains d’entre eux ont presque déjà tourné la page. « Beaucoup n’ont pas attendu pour rechercher de l’emploi et certains ont même déjà trouvé », confie Rico Zara (CSC).

Juste après l’annonce de la faillite, les travailleurs ont en effet été pris par la main par le Forem et les syndicats. Plusieurs séances collectives ont été organisées pour les accompagner dans leurs démarches. « Les ouvriers qui avaient droit à l’indemnité complémentaire de licenciement ont d’ailleurs déjà été payés. »

"Le savoir-faire doit se payer"

Une assemblée des travailleurs est aussi prévue ce jeudi 6 juin. « La cellule de reconversion pourra ainsi bientôt se mettre en route », ajoute Stefano Fragapane. « De mon côté, j’ai déjà fait savoir à la Sogepa qu’il faudrait négocier le package salarial si le candidat repreneur confirme ses intentions », explique Rico Zara.

Il est vrai que les anciens ouvriers de Durobor, qui possèdent un savoir-faire difficilement remplaçable, ne seront plus en position de faiblesse. « Leurs compétences doivent se payer. Nous allons donc essayer de négocier des conditions financières qui étaient celles d’avant l’arrivée d’Herman Green. Les travailleurs pourront ainsi adhérer au projet. Et si le candidat repreneur possède l’argent pour investir dans un nouveau four, je ne pense pas qu’il sera réticent à négocier la valeur humaine dont il aura besoin. »