Ils sont quatre élus sur neuf au conseil du CPAS d'Ecaussinnes à réclamer le retour du taxi social dès 2021. Stéphane Romans, Stéphanie Lairin, Céline Blancpain et Roger Pelletier, tous les quatre conseillers sous la bannière du groupe Ensemble, demandent que ce projet soit intégré au budget 2021 du CPAS.

"Avec la crise du coronavirus, beaucoup de personnes âgées, à mobilité réduite ou sans moyen de locomotion se trouvent de plus en plus isolées", estime Sébastien Deschamps, chef de file du groupe Ensemble. "L'important est d'étudier la possibilité de réduire les coûts fixes. Une nouvelle formule en passant par un marché public avec une compagnie de taxi ou une collaboration par exemple avec l'association Ecausecours pourrait être envisagée."

En bref, Ensemble voudrait revenir en arrière et retrouver le taxi social qui a été supprimé depuis janvier 2020. A l’époque, l'opposition avait voté contre la suppression de ce service, regrettant "la disparition d’un outil essentiel dans la lutte contre la pauvreté et l'isolement. L'alternative proposée ne rencontre, par ailleurs, pas la même mission de service au public : démarches administratives plus lourdes, perte de proximité, etc."

Cette proposition a été soumise au conseil de l'action sociale. Et elle a de quoi étonner sa présidente, Muriel Van Peeterssen (Ecolo). "Je suis surprise par cette sortie parce que M. Deschamps n'a pas à intervenir dans l'élaboration du budget du CPAS. De même, les conseillers CPAS de son groupe n'ont jamais évoqué ce souhait par le passé."

"Les priorités sont différentes"

Sur le fond, cette idée n'est tout simplement pas envisageable selon elle. "Le taxi social prenait 60 000 euros dans le budget du CPAS, ce qui avait d'ailleurs été critiqué par M. Deschamps", poursuit-elle. "Au vu de ce montant et du peu d'utilisateurs habituels de ce service, nous avions fait le choix d'y mettre un terme."

Il est vrai que l'outil était très peu utilisé. Son alternative, un point de contact téléphonique "Taxi social" chargé de réceptionner les demandes des usagers, n'a d'ailleurs pas été utilisée depuis sa mise en route en janvier dernier. "Nous n'avons reçu qu'une seule demande, au tout début. De même, hormis une seule personne, les anciens utilisateurs du taxi social n'ont formulé aucune plainte vis-à-vis de l'arrêt du service."

Le CPAS préfère diriger ses ressources financières vers d'autres charges. "Je suis disposée à en discuter mais les priorités sont différentes", assure Muriel Van Peeterssen. "Avec la crise que nous vivons, il y a aujourd'hui d'autres besoins qui se sont créés au CPAS. Le nombre de dossiers et de demandent d'aides financières ne cesse d'augmenter. C'est dans ces services sociaux et d'insertion que nous souhaitons consacrer notre budget. "