Jacques Pochart est un citoyen obstiné, du genre à utiliser toutes les voies de recours s'il estime qu'on lui bafoue un droit. En novembre 2020, l'Écaussinnois a déposé une demande d'interpellation auprès du collège communal pour alerter sur la dangerosité du rétrécissement de la rue Jacquemart Boulle, où il habite, pour les piétons.

"Le trottoir disparait devant l'église Sainte-Aldegonde, quand on arrive à l'angle du mur là où la visibilité est nulle" tant pour les piétons que pour les autos qui arrivent dans l'autre sens, et ont tendance à serrer à gauche étant donné des aménagements qui rétrécissent la chaussée côté droit, explique-t-il.

Mais le Collège communal avait jugé d'interpellation de Jacques Pochart irrecevable, estimant qu'elle n'était pas de portée générale, mais concernait une situation d'une rue en particulier. La tutelle wallonne a eu une interprétation différente du droit d'interpellation et a estimé que la matière concernée, la sécurité routière, avait un intérêt général. Lundi dernier, le citoyen écaussinnois a donc pu interpeller publiquement le collège communal, sans le ménager, parlant de travail mal conçu et incomplet.

Ce qui le chipote également, c'est le sens unique limité au bénéfice des cyclistes. "L'autorisation récente aux cyclistes de remonter la rue fait qu'il est possible avoir au même moment un piéton et cycliste côte à côte, ce qui réduira la place disponible sur la chaussée." Et d'en appeler à un garde-fou pour orienter les piétons vers l'autre côté de la chaussée avant d'arriver à l'angle aveugle.

Procédurier

Une critique qui est passée un peu mal auprès de l'échevin des travaux Philippe Dumortier. "Je pense que vous en avez fait plus une histoire de procédure que de recherche de solutions", a-t-il déploré pointant le fait que l'intéressé a décliné plusieurs invitations à venir siéger en commission consultative de la mobilité, organe plus adéquat que le conseil communal pour régler des problèmes de mobilité, selon l'échevin. Et de rappeler que les aménagements de base, qui protège les habitations et les habitants à droite de la rue, "ont été votés en 2005 par le conseil communal de l'époque. Je ne vous ai pas entendu vous plaindre de la situation."

De son côté, l'échevin Dumortier souligne que le conseiller en mobilité s'est rendu sur place en compagnie du SPW Mobilité et que ce dernier déconseille la suppression du contresens. "La plupart du tracé ne pose pas de réel problème. Toutefois, des améliorations sont possibles." Comme solution, un marquage rouge avec chevrons a été tracé pour attirer l'attention des automobilistes.

Mais de rappeler que tout ne peut pas être réalisé. "Je ne suis pas dans le "yaka". Je suis toujours prêt à discuter, je ne prétends pas avoir la science infuse mais quand des experts, la police, le conseiller en mobilité s'expriment, je les écoute avec la plus grande intention. Cette voirie est extrêmement délicate et des situations comme celles-là, on en vit malheureusement quotidiennement."

Et d'inviter Jacques Pochart, s'il n'est toujours pas satisfait, à faire part de ses suggestions lors d'une prochaine commission mobilité…