La chapelle Dubois est un petit édifice religieux situé à côté du cimetière d'Écaussinnes, le long de la rue du Docteur Bureau. Noyée dans la végétation et abandonnée depuis belle lurette, le bâtiment ne cesse de se dégrader, au grand dam des amateurs de patrimoine. Mais que fait la majorité pour sauver cette petite pépite patrimoniale écaussinnoise, se demande en substance Sébastien Deschamps, chef du groupe d'opposition Ensemble ? Qui suggère que la commune rachète le bien à l'euro symbolique et entame des démarches judiciaires.

Mais voilà, la situation est bien complexe et la majorité fait ce qu'elle peut face à cela, lui répond l'échevin des travaux et des cimetières Philippe Dumortier. Qui rappelle le contexte: la chapelle Dubois est un bien privé, qui appartient à de nombreux héritiers, dont certains sont inconnus malgré des démarches notariales entamées il y a plusieurs années.

L'option de l'expropriation a été étudiée. Et dans ce cas-ci, elle ne se justifie pas. "Il apparait que la constatation de l'utilité publique ne peut être invoquée car elle requiert une habilitation légale expresse en vue de justifier cette expropriation d'un bien à un usage autre que public. C'est bien là toute la problématique: une expropriation pour utilité publique peut se concevoir assez facilement. Mais ici, un usage public d'un bien privé, ce n'est absolument pas d'actualité sur ce dossier."

Une autre piste creusée, c'est celle de l'article 46 du Code Wallon du Patrimoine. "Il prévoit que l'administration du patrimoine peut poursuivre auprès du gouvernement l'expropriation pour cause d'utilité publique de bien classé menacé d'abandon, de ruine ou de destruction." Or, si la chapelle est reprise à la liste du patrimoine, elle n'est pas classée.

Le service juridique de la commune n'a pas lâché l'affaire et a pris contact avec l'Agence Wallonne du Patrimoine en novembre 2021. "On nous renvoie vers la cellule de gestion du patrimoine funéraire." Contact sera donc pris avec le M. Cimetière de la Région wallonne Xavier Deflorenne. En parallèle, "un service juridique va être consulté afin d'obtenir un avis pertinent en la matière pour une potentielle action en justice, cette solution ultime semblant hélas la seule manière de faire bouger les choses, encore faut-il y mettre les bonnes formes."

Le dossier est donc loin d'être clos…