Les hommages à l'artiste, chanteur et poète Julos Beaucarne n'ont cessé de pleuvoir ce dimanche, dans la foulée de l'annonce de son décès dans sa ferme de Tourinnes-la-Grosse (Beauvechain). S'il était installé en Brabant wallon depuis un demi-siècle, il n'a jamais oublié ses origines écaussinnoises, tout comme il est resté un enfant du pays pour les Écaussinnois, qui n'ont pas manqué de saluer la mémoire de l'artiste.

C'est ainsi que ce lundi soir, le conseil communal rendra hommage à l'un des plus grands poètes wallons avant de débuter sa séance de travail mensuelle. "Je tiens à présenter, au nom de la Commune d'Écaussinnes, mes plus sincères condoléances à ses proches", déclarait hier le bourgmestre Xavier Dupont.

"Tes concerts à Écaussinnes au château de la Follie en 2010, sur le parking de l'ancien Nopri en 2005, et avec les scouts à la Maison des Ouvriers, resteront à jamais gravés dans nos mémoires. A chaque fois, ta venue résonnait comme une belle chanson d'amour", a pour sa part partagé Sébastien Deschamps, qui avait coorganisé les deux derniers concerts du chanteur à Écaussinnes.

L'hymne de trois villages

Si Julos Beaucarne est toujours resté ancré à Écaussinnes, c'est notamment parce qu'il fait depuis longtemps partie du patrimoine immatériel de la Cité de l'Amour. En 1967, avant d'accéder à la notoriété, Julos Beaucarne publie l'EP Julos Chante Écaussinnes, sur lequel figurent quatre chansons ancrées dans le patrimoine écaussinnois et de la région du Centre, et qui s'ouvre par l'Hymne national écaussinnois (ou l'esprit de clocher). Cette chanson, où il emmène l'auditeur "au pays du petit granit" nous apprend qu'Adam et Eve étaient écaussinnois et ont créé, "ça fait longtemps déjà, le premier goûter matrimonial."

Cette ode à Écaussinnes, dont les pucelles font parler "jusqu'au Pérou", est véritablement devenue l'hymne du village et sa transmission se perpétue de génération en génération. "Son hymne écaussinnois a rythmé nos feux de camp", rappelait l'échevin Arnaud Guérard, ancien scout.

Aujourd'hui, mettre la main sur une version originale de l'Hymne national écaussinnois est une gageure. Absent des plateformes de streaming, non repris sur les diverses compilations, on ne le trouve que sur l'EP d'origine de 1967, dans sa pochette blanche ou figure un dessin de tailleur de pierre de son ami Henry Lejeune. Très rare (il ne figure pas sur Discogs, la référence des collectionneurs de musique), on peut actuellement le trouver sur un site de seconde main au prix de 40 €…Pour beaucoup moins cher, on peut redécouvrir l'existence de PointCulture (l'ex-Médiathèque de la Communauté française) qui le propose à la location.

Mais l'Hymne écaussinnois, on l'écoute avant tout chanté en direct, aux scouts, lors de fêtes populaires…ou en guindaille étudiante: fait surprenant, ce chant est repris dans le Bitu magnifique, le chansonnier de référence pour les étudiants de l’UCLouvain. Ne reste qu'à croiser un étudiant écaussinnois sur le campus pour donner le la…et l'air.