Si la crise a eu des répercussions dramatiques, d’un point de vue sanitaire, elle a aussi eu et aura encore des conséquences importantes sur la santé économique des entreprises. Pour éviter que celles-ci soient nombreuses à mettre la clé sous la porte, l’Invest Mons Borinage Centre (IMBC) s’est imposée comme un partenaire de taille en proposant des solutions au cas par cas aux 275 entreprises de son portefeuille.

"La crise a été un révélateur du rôle des Invest car là où certains banquiers ont disparu sans plus donner signe de vie aux entreprises, nous nous sommes montrés proactifs", souligne Sylvie Creteur, administrateur-directeur. "Notre objectif, c’était de ne laisser aucune entreprise sur le côté. Nous les avons appelées, une par une, afin de voir quelle était leur situation, quelles étaient leurs difficultés, leurs besoins, les mesures covid prises,…"

Le tout sans jamais faire de généralité par secteur. "Un hôtel n’est pas l’autre, un établissement horeca non plus. Nous n’avons pas attendu que les directions viennent à nous, nous sommes allés vers elles afin de les soutenir." La démarche a visiblement payé puisqu’à ce jour, la majorité des entreprises sortent la tête de l’eau et relancent leurs activités. "En 2021, dans le cadre de 175 interventions, nous avons accordé 55 millions d’euros, dont moins de 4 millions dans le cadre de la crise sanitaire", poursuit Sylvie Creteur.

"Notre crainte, c’était bien sûr qu’il ne s’agisse que d’une bouffée d’oxygène provisoire, permise grâce aux aides et moratoires accordés par les gouvernements. Mais la majorité des entreprises que nous épaulons sont passées à travers l’orage et sont parvenues à maintenir leur chiffre d’affaires grâce aux solutions proposées et à leur capacité d’adaptation." Une situation qui, dans les régions de Mons-Borinage et du Centre, revêt un caractère rassurant.

"Nous avons constaté une importante diminution des dossiers de haute technologie mais depuis Pâques, ils arrivent à nouveau sur nos bureaux. Les priorités ont été redéfinies, les directions ont sécurisé leur entreprise et sont aujourd’hui prêtes à poursuivre leur développement." Pour les entreprises qui, a contrario, rencontreraient davantage de difficultés, l’IMBC propose, grâce au soutien de l’Europe, deux nouveaux produits financiers.

Récupérer de la trésorerie, maintenir le développement des activités

Le premier produit, baptisé prêt propulsion, s’adresse aux PME qui ont besoin de trésorerie. "L’objectif, au sortir de la crise, est de renforcer leur solvabilité via un prêt subordonné conjoint à un crédit bancaire ou à une carence sur un crédit bancaire existant", explique Justine André, analyste financier pour l’IMBC.

Les entreprises peuvent y recourir pour un montant minimum de 50 000 euros et pour un maximum d’un million d’euros, pour une durée d’au moins deux ans et de maximum 10 ans. En octroyant ce prêt subordonné, l’IMBC bénéficie d’une garantie automatique de 70%, couverte par le Fonds Européen d’Investissement (FEI). Les risques sont donc limités. "C’est un produit qui a été lancé en début d’année et qui devrait rester accessible jusqu’en fin d’année. Il pourrait aussi être reconduit."

À ce jour, seules trois entreprises y ont eu recours. "C’est vraiment un produit pensé dans un contexte de crise afin que les entreprises puissent récupérer une trésorerie et des fonds propres", insiste Justine André. Le second produit, plus accessible et donc plus sollicité, est dédié aux startup et PME innovantes qui ont besoin d’un financement pour leur BFR (besoin en fonds de roulement), R&D (recherche et développement) et commercialisation.

"Le montant minimum est de 25 000 euros, pour une durée minimale d’un an et de maximum 10 ans. Plusieurs entreprises y ont eu recours, par exemple les société montoise Antopolis et HappiK, respectivement pour le développement et la commercialisation d’un logiciel de gestion des administrations publiques et d’une solution digitale pour la prestation de services de nettoyage à domicile." Ce produit restera accessible jusqu'au 31 octobre, s'il n'est pas reconduit.

Ces offres s'ajoutent à celles déjà proposées par l'Invest, qui met un point d'honneur à soutenir les initiatives régionales, du Chant d'Eole au Ruffus à leurs débuts en passant par la brasserie Saint-Feuillien, I-Care, la RAAL, Gobert Matériaux, ou encore l'asbl CHU Tivoli.