La semaine dernière, nous vous faisions part des inquiétudes des vignerons de la région. Après un début de mois mars excessivement bon, la neige et le gel s'étaient abattus sur le pays. De quoi donner des sueurs froides à ceux qui cultivent la vigne, alors que les premiers bourgeons commencent à apparaitre.

Malheureusement, la météo ne leur a accordé aucun répit durant toute la semaine qui s'est écoulée. Au Domaine des Agaises, le moral n'est pas au beau fixe. "Ce gel n'en finit plus", se désespère Arnaud Leroy. "Les premiers impacts de la semaine dernière n'étaient déjà pas négligeables. Nous avons eu droit à une véritable gelée hivernale, avec un vent glacial qui s'est engouffré dans les vignes. À présent, ce sont plutôt des gelées printanières. Mais il a beaucoup plu lundi et ce mardi matin, tout était givré. Et on annonce encore des gelées pour toute la semaine."

Le vignoble est pourtant équipé de tours antigel. Mais elles ne font pas de miracles. "Elles ne couvrent que six hectares sur les trente. Elles sont utiles contre les petites gelées printanières, mais lorsqu'il y a un vent glacial comme celui que nous avons connu, elles ne sont pas assez efficaces", poursuit Arnaud Leroy. "Nous avons déjà perdu entre 25 et 30% des bourgeons. Nous sommes encore loin de la catastrophe de 2017 où 50% de la production était passée à la trappe. Mais pour le moment, c'est mal parti. Surtout pour les Chardonnays qui sont plus précoces. On voit que même les petits bourgeons, habituellement protégés par leur cocon, sont ici affectés."

Et ce n'est qu'un début. Le domaine devra encore passer plusieurs étapes cruciales avant les vendanges. Une touche d'optimisme tout de même… "Quand les gelées interviennent très tôt, on peut avoir des contre-bourgeons. Ils donneront moins de raisin, mais ça peut tout de même compenser en partie les pertes." Tous les amateurs de Ruffus croisent les doigts!