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Après 32 ans de présence dans la classe de 6e année primaire, Patricia Bienfait n'est plus titulaire.

La rentrée scolaire aura été très particulière, au sein de l’école libre Saint-Joseph d’Estinnes-au-Mont. Selon Sudpresse, après 32 ans de carrière auprès des élèves de sixième année primaire et alors qu’elle sera retraitée dans deux ans, Patricia Bienfait a appris qu’elle ne serait plus titulaire mais polyvalente dans les quatre premières années de primaire.

La situation prend des proportions importantes: une pétition signée par près de 250 personnes a en effet été remise au pouvoir organisateur. Pour certains parents, il était nécessaire de se mobiliser. "C’est une institutrice qui s’investit énormément pour ses élèves", explique une maman. "J’ai moi-même fréquenté cet établissement. Mes frères et sœurs ont eu mademoiselle Patricia et en étaient très heureux. Ma fille n'aura pas cette chance."

Et d’ajouter : "Nous ne comprenons pas vraiment cette décision, annoncée en fin d’année dernière. Nous reprochons aujourd’hui à la direction un vrai manque de communication. Les directions se sont succédé ces dernières années et l’esprit école de village qui me plaisait tant disparaît de plus en plus, ça devient impersonnel alors que l’ambiance y était conviviale, voire familiale."

Même son de cloche du côté d’une grand-mère dont plusieurs petits-enfants ont été ou sont toujours scolarisés au sein de l’établissement. "Beaucoup de choses ont changé depuis que la nouvelle direction est installée", regrette la grand-mère. "Mademoiselle Patricia est stricte mais compétente et très à l’écoute de ses élèves. Je comprends qu’il faille laisser la place aux jeunes mais je pense qu’il y a des façons de faire et qu’à deux ans de son départ, c’est difficile à admettre."

L’institutrice n’était pas présente ce lundi et devrait encore être absente dans les prochains jours. "Cette décision a été mûrement réfléchie, durant de longs mois, et prise pour des raisons objectives et pédagogiques, en parfait accord avec mon équipe et le pouvoir organisateur dans l’intérêt des enfants", insiste Maryse André, directrice. "Je ne minimise pas la souffrance de mon institutrice mais le rôle de la direction est de prendre les décisions qui s’imposent."

Une décision qui n'a jusqu'ici jamais été justifiée et qui fait donc grincer des dents. "Je suis soumise à un devoir de réserve et ne peux donc pas en dire davantage. Mais les raisons sont fondées et il n’y aura pas de retour en arrière. Je rencontrerai d’ici quelques jours les parents qui ont signé la pétition, soit une vingtaine de personnes puisque les autres signataires ne sont pas concernés, s'ils le souhaitent. Mais il ne sera pas question de se justifier."

La directrice, si elle n’en dira pas plus, regrette la prise de position de certains parents, parfois d’anciens élèves, sur base d’un seul son de cloche. "Nous avons fait pour un mieux. Nous comprenons que la situation n’est pas évidente à vivre, nous nous attendions à de vives réactions. Mais il faut désormais organiser l’année au mieux." Dans une ambiance qui restera probablement particulière quelque temps.