Centre La plupart des habitants du domaine ne respectent pas les règles.

Comme tout bon citoyen, Jacques (prénom d’emprunt) paye ses taxes communales pour la gestion des déchets. Mais ce résident du domaine de Pincemaille (à Vellereille-les-Brayeux) qui désire rester anonyme estime ne pas recevoir le service adéquat en retour. Lorsqu’il sort son sac poubelle Hygea le mardi soir, Jacques regrette que le camion-poubelle ne le ramasse pas systématiquement. "Je paye mes taxes comme tout le monde mais je ne bénéficie pas de la même chose", explique-t-il.

Connu dans toute la région pour certains de ses chalets insalubres et son sentiment d’insécurité, le domaine de Pincemaille abrite encore aujourd’hui une centaine de personnes en permanence, dont certains respectent les règles comme Jacques. Le problème de gestion des déchets n’est pas récent mais la situation ne s’améliore pas. La faute à plusieurs problèmes difficilement gérables.

Pour éviter un dépôt de déchets sauvages le long de la N55 qui traverse le bois de Pincemaille, la commune a tout d’abord placé une caméra de surveillance au bout de l’un des deux sentiers de sortie du domaine. Il a aussi été décidé en juillet 2018 de faire entrer les agents d’Hygea directement sur le sentier principal du domaine, bien que difficilement praticable, afin de collecter les sacs Hygea conformes le long du chemin et à trois points de collecte définis par les autorités communales.

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Mais ces deux tentatives de solution n’ont fait que déplacer le problème. Les déchets sauvages sont déposés ailleurs, hors de la vue .de la caméra, tandis que les trois points de dépôts sont très vite devenus ingérables. "Les gens qui n’ont pas beaucoup d’argent ou qui s’en fichent n’achètent pas de sacs Hygea en sachant qu’il n’y a pas de contrôle et qu’ils peuvent déposer les sacs à 200 m de chez eux", explique Jacques.

L’intercommunale Hygea, qui signale que ses agents ramassent uniquement les sacs conformes et correctement triés aux trois points de dépôt, se retrouve face à des tas de déchets de toutes sortes. Des sacs non-conformes mais aussi des cannettes, des plastiques, de la nourriture ou même des pneus qui ne sont évidemment pas collectés. "Il y a des rats, des chats et des oiseaux qui grouillent là-dedans", assure le riverain.

L’engrenage est difficilement arrêtable. Hubert Van Bel, le propriétaire du domaine de Pincemaille, vient de commander un nettoyage des allées auprès d’une firme privée. Il se bat également au tribunal contre plusieurs familles jugées "difficiles" qui résident dans son domaine et aimerait entamer des procédures d’expulsion.

Malheureusement, ces familles n’hésitent pas à se venger. La voiture de M. Van Bel a par exemple été volée, brûlée et abandonnée dans le bois il y a quelques mois. La police d’Estinnes se penche sur le problème dans sa globalité mais les enquêtes sont complexes à réaliser. Le propriétaire réfléchit quant à lui à une solution structurelle pour éviter le retour des déchets. Il voudrait par exemple rendre publics les différents chemins du domaine.

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