La décision est tombée. Un permis unique d’extension a été délivré à la société Roosens Bétons. Située à la rue Wauters de Familleureux, elle entreprend la création d’une zone de stockage bétonnée de 12 000 m2, qui équivaut à plus d’un hectare de terrain. Sa capacité sera de 25 000 tonnes de produits finis en béton et de matériaux de construction. Le projet prévoit également l’aménagement de trois zones de parking pour les nombreux camions, remorques et grues. Enfin, un dispositif d’isolement et un remblai d’environ 15 000 m2 seront mis en place.

Une extension de grande ampleur, qui avait déjà fait l’objet d’une première révision. Pour rappel, l’entreprise Roosens Bétons avait introduit en 2019 une demande de permis dans le but d’exploiter une nouvelle unité de production d’éléments en béton précontraint, d’une capacité de 450 tonnes/jour. Le projet avait immédiatement été décrié par les riverains de la rue du Moulin, le nouveau terrain se trouvant juste à côté des habitations.

Un an plus tard, la société était revenue avec une modification des plans après la vague de contestation. La Région wallonne avait personnellement invité Roosens Bétons à revoir quelques points de ses plans, même si elle ne s’opposait pas à la demande de permis. Une enquête publique avait d’ailleurs eu lieu durant le courant du mois de juin 2020.

Le comité de riverains a réagi ce jeudi à la nouvelle. Il reconnait deux avancées intéressantes : celle du cautionnement de 152 000 euros pour s’assurer des travaux de plantations et celle de la mise en place d’un comité de suivi. Il n’en demeure pas moins déçu de la décision du collège seneffois. "Roosens Bétons n’a jamais respecté les prescrits imposés pour lutter contre les nuisances aux riverains !", déclare le comité. "Si ces deux dispositifs ont dû être mis en place, c'est tout simplement parce que la société n'a jamais respecté, depuis 1979, les prescrits légaux. À force de s’agrandir la petite entreprise qui a eu une dérogation pour s’installer en zone ZAEM devenue bien plus grande maintenant et ne correspond plus à la définition de la zone. Il faut être en zone industrielle pour pouvoir transformer des matières premières en produit fini."

Les riverains déplorent de nombreuses plaintes sans suite. "Bruit, travail en dehors des heures prévues, poussière, remblais de nature inconnue dans les ruisseaux voisins, excavation de terres, caméras de surveillance sur la voie publique sont autant de plaintes déposées à la police ou auprès des services communaux qui sont toujours restés sans suite depuis plus de 40 ans ont fini par épuiser les riverains!"

C’est pourquoi le comité introduira un recours auprès du ministre wallon de l’Aménagement du territoire, Willy Borsus. "Bien que ce recours ne soit pas suspensif, le comité ne pouvait laisser les choses en place. en effet, quelques-uns ont déjà décidé de déménager et mettre leur maison en vente", explique le comité. Une action sera également menée au prochain conseil communal le 31 mai, sous forme d’une interpellation citoyenne. Le torchon brûle entre les deux parties, mais aussi avec les autorités communales…