Les Amis des Animaux propose de prendre le chaton en quarantaine au sein de ses infrastructures.

L’histoire de Lee, ce chaton menacé d’euthanasie, ne cesse de susciter des réactions bien au-delà des frontières flamandes. C’est désormais le refuge seneffois les Amis des Animaux qui milite pour qu’une solution moins radicale soit trouvée en faveur du jeune animal. Le directeur de l’association invite désormais les défenseurs des animaux à se manifester auprès du ministre Denis Ducarme, en charge de la tutelle de l’Afsca, qui estime que l’euthanasie est la seule issue envisageable.

L’histoire de Lee laisse difficilement indifférent : en avril dernier, alors que le Covid-19 frappait partout, Serena Ali, une étudiante anversoise de 22 ans, était contrainte de quitter son stage au Pérou pour revenir en Belgique. Elle reprenait dans ses bagages son chaton Lee. Seulement voilà, la loi exige que les chats venant de l’étranger soient vaccinés contre la rage dans un délai de trois mois avant leur arrivée.

Une mesure qui, dans cette situation d’urgence, n’avait pas été respectée. Aujourd’hui, la jeune Anversoise s’oppose à la mort de son animal et s’expose à d’importantes sanctions, notamment financières (5000 euros/heure). "Nous espérons qu’une forte mobilisation de la population poussera le ministre Ducarme a changé d’avis et à envisager d’autres possibilités, car elles existent", insiste Christopher Dheulin, directeur des Amis des Animaux.

"Nous comprenons que des dispositions doivent être prises pour éviter un retour de la rage en Belgique mais une quarantaine peut être observée sous la surveillance d’un vétérinaire. De nombreux refuges agréés peuvent s’en porter garants. C’est notre cas : nous sommes disposés à accueillir Lee au sein de nos infrastructures aussi longtemps que nécessaire pour apaiser les craintes. Et nous ne sommes certainement pas la seule association à se déclarer volontaire."

Des contacts sont désormais pris entre refuges membres du conseil national de la protection animale. "L’idée est de proposer une stratégie commune pour inciter le ministre à privilégier une mise en quarantaine. Nous sommes conscients que de nombreux autres animaux méritent notre attention. Mais l’histoire de Lee met la rage au cœur car nous ne pouvons accepter qu’une personne décide en quelques secondes d’ôter la vie à un être vivant."

Christopher Dheulin incite désormais les citoyens à prendre la plume pour adresser au ministre "quelques phrases courtes, quelques mots simples, rien de grossier ou d’agressif, pour lui demander de faire preuve d’humanité pour un chaton qui n’a rien fait pour mériter la mort." La jeune Anversoise n'est pas décidée à renoncer au droit de vie de son chat et bénéficie d'un important soutien. Est-ce que cela suffira ? Difficile à dire aujourd'hui.