Les chiffres font froid dans le dos. Huit femmes sont décédées des coups de leur compagnon en Belgique, depuis le début de l'année. En 2020, douze féminicides avaient été déplorés par les autorités belges. Il y a déjà eu, cette année, deux fois plus de féminicides à la même date. Face à cette situation plus qu'alarmante, le parti belge, PTB, a organisé un rassemblement en hommage à la huitième victime, Cindy. Un drame qui avait plongé, vendredi dernier, la région de Braine-le-Comte dans l'horreur, après l'assassinat de la maman et ses deux enfants à Petit-Roeulx. " Chaque féminicide est un de trop", déclare Anne Lecocq, membre de la direction du PTB Centre. " Nous nous sommes réunis sur la Place communale de Braine-le-Comte, en hommage à Cindy et ses enfants, mais aussi pour appeler les autorités à prendre des mesures de toute urgence."

Pour le PTB, la pandémie entraîne une explosion des violences conjugales. Les lignes d'écoute recevraient deux fois plus d'appels à l'aide qu'avant la crise sanitaire. Le PTB appelle les autorités publiques à prendre des mesures sérieuses pour mettre fin aux violences faites aux femmes. "Avec le confinement, la situation est plus grave que jamais mais les moyens débloqués pour lutter efficacement contre les violences faites aux femmes restent totalement insuffisants", poursuit Anne Lecoq. "La secrétaire d'État à l'Égalité des genres, Sarah Schlitz, vient de convoquer une réunion pour ‘faire le point sur la situation et envisager de nouvelles mesures d'urgence’. Ce qu’il faut maintenant, ce sont des mesures concrètes et des moyens conséquents pour les appliquer de toute urgence. Les promesses sur le long terme ne protègent pas une femme en danger."

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Le meilleur exemple reste l'Espagne, avec une diminution de 50% des féminicides en moins de 15 ans. Le PTB, qui s'inspire des mesures espagnoles, porte plusieurs revendications. Le parti demande de faciliter le signalement et le dépôt de plainte avec des lignes d’écoute plus accessibles. Il exige également de mettre fin à l’impunité avec de véritables poursuites judiciaires, tout en protégeant les victimes avec beaucoup plus de places d’accueil gratuites. "La Belgique est signataire depuis 2016 de la Convention d’Istanbul qui décrit précisément ce qu’il faut faire pour lutter contre la violence à l'égard des femmes", explique Anne Lecocq. "Bien qu’elle soit contraignante, 80 % des articles de cette convention ne sont pas appliqués par la Belgique. Pourtant, l’article 5 est très clair : si les États n'appliquent pas les recommandations de la convention, ils se rendent coresponsables des féminicides."

Ce jeudi soir, elles étaient une dizaine à s'être rassemblée sur la place de Braine-le-Comte. Ensemble, femmes et enfants se sont recueillis pour saluer une dernière fois Cindy, mais surtout pour faire passer un message : stop aux féminicides, et aux violences contre les femmes. "Il n'est pas trop tard pour se joindre à l’hommage. La famille, les amis, les voisins ont tenu à laisser les noms des victimes et les fleurs sur le kiosque de la place de Braine-le-Comte", conclut Anne Lecoq. "Il est possible d’aller déposer un mot, une fleur, une bougie, une attention..."