"Enfin !", s’exclame l’échevin de l’environnement d’Écaussinnes. Après deux ans de travail sans relâche des autorités communales, c'est la fin de l'impunité pour les industriels impliqués dans les contaminations des cours d'eau par des pertes de leur produit, les pellets polymères.

Avec le soutien du cabinet de la ministre wallonne, Céline Tellier (Ecolo), une procédure "Article 65", visant à modifier les permis, a été activée et s'ouvre sur une enquête publique qui se tiendra jusqu’au 13 juillet. Celle-ci permettra aux habitants, communes et acteurs de terrain concernés de prescrire des modifications des permis pour prévenir toute nouvelle pollution.

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En d’autres termes, les entreprises TOTAL Petrochemicals, Katoen Natie, Vos Logistics et Feluy Service Centre verront les conditions de leurs permis d'exploitation modifiées afin d'encadrer beaucoup plus drastiquement leurs activités, comme l’imposition d’équipements supplémentaires, des mesures de contrôle ou encore le nettoyage des voiries et abords.

La décision finale reviendra à la Région Wallonne pour l’entreprise Total Petrochemicals, à la commune d’Ecaussinnes pour Katoen Natie et Vos Logistics, ainsi qu’à la commune de Seneffe pour Feluy Service Centre. "Ce dossier de longue haleine n’est certainement pas le seul point attention concernant les impacts du zoning pétrochimique, mais il s’agit d’un premier signal aux exploitants dans le sens du respect de leurs obligations, des habitants proches du zoning et de l’environnement", souligne Arnaud Guérard, échevin de l’environnement à Ecaussinnes.

Le fait qu'une pollution chronique de ce type ait pu perdurer pendant plus de 15 ans interroge les autorités sur la faiblesse actuelle de certains permis et sur le manque de suivi de processus industriels qui peuvent avoir des conséquences réelles en matière de santé, d'environnement et de cadre de vie. "La commune d’Écaussinnes a donc pris ses responsabilités et poursuivra sa vigilance, tout en se voulant un interlocuteur constructif vis-à-vis des exploitants respectueux de leurs obligations et de l’environnement", termine Arnaud Guérard.