De 6 h 30 à 15 h ce jeudi, le personnel infirmier du bloc opératoire de l’hôpital de Jolimont à La Louvière s’est mis en grève avec le soutien par le SETCa. Un mouvement auquel s’est rallié la quasi totalité de la cinquantaine d’infirmiers du service, une dizaine restant mobilisée pour assurer un service minimum obligatoire et les interventions urgentes, ce qui a eu pour conséquence de reporter les interventions jugées non vitales.

La cause du courroux : une inégalité de traitement entre les anciens du service et six nouveaux embauché, découverte un peu par hasard, comme l’explique Sabrina Gervasi, secrétaire permanente au SETCa-Centre. "Pour recruter du personnel infirmier, la direction a lancé une offre d’emploi avec des avantages extralégaux comme la reconnaissance à 150 % de leur ancienneté et une prime de fidélité étalée sur trois ans. Des infirmiers du service ont vu cette offre sur le site du Forem et ont été interloqués de voir que l’on engageait des nouveaux avec des avantages qu’eux-mêmes n’avaient pas."

Des avantages non-négligeables : "pour vous donner un exemple, un des six nouveaux engagés gagne plus que le chef de service." Si le SETCa ne remet pas en cause ces avantages, trouvant positif que le métier soit enfin revalorisé après des années de revendications en ce sens, il estime qu’il est totalement injuste de ne pas proposer le même traitement à tout le personnel, d’autant que ce dernier attend depuis des mois des propositions de la part de la direction.

Alors, constater que celle-ci octroie en douce des avantages pour attirer des nouveaux sans revaloriser les travailleurs actuels, ça a tendance à énerver. Et cette exaspération est en train de gagner tout l’hôpital, où le personnel de différents services découvre également que plusieurs personnes ont été engagées suivant les mêmes conditions avantageuses.

"Voie sans issue"

Autre problème soulevé par le SETCa et la CNE : ces avantages induisent une concurrence entre les hôpitaux. "Certains sont partis d’autres institutions suite aux conditions plus attractives proposées par Jolimont", selon Sabrina Gervasi.

Du côté de la CNE, on ajoute que le problème ne se pose pas qu’à Jolimont. "Partout, la guerre est ouverte. Et les avantages offerts aux 'débauchés chez le voisin' ne font que dégrader les conditions de travail des autres travailleurs", alerte le syndicat chrétien pour qui il y a "urgence à améliorer l’ensemble des conditions de travail de l’ensemble du personnel de santé afin de rendre à nouveau attractives et tenables ces professions. La course folle aux enchères pour débaucher du personnel chez le voisin est une voie sans issue." et d’en appeler aux employeurs de "cesser de bloquer les négociations collectives."

Quant à la suite du mouvement à Jolimont, elle dépendra de la direction. Le personnel attend toujours une rencontre. Si elle se fait trop attendre ou ne débouche sur rien de concret, d’autres actions ne sont pas exclues la semaine prochaine.