Les zones de secours sont opérationnelles depuis 2014 à la faveur d'une réforme de la sécurité civile belge. Mais six ans après ce grand saut, les pompiers de la zone Hainaut-Centre attendent toujours leur règlement de travail. On le sait, les négociations ont été difficiles. Le document tant attendu était promis pour le mois de janvier 2020. Mais la tentative n'a pas abouti. Si bien que ce mercredi, les pompiers de Mons et La Louvière ont exprimé tout leur mécontentement avant une nouvelle réunion entre autorités et syndicats.

L'action est spontanée et elle vise particulièrement le commandant de la zone de secours, Baudouin Vervaeke. "On sent une exaspération du personnel, il y a une profonde rupture de confiance entre la base et son commandant", explique Stéphane Rybczak, de la FGTB. "Le règlement de travail est sur la table depuis quelque temps, mais il est difficile d'avoir un compromis qui agrée tant la direction de la zone que les hommes du feu. Les pompiers ressentent une pression de plus en plus forte, ça devient difficile pour eux de faire leur métier par passion et dans de bonnes conditions. On parle pourtant d'un service essentiel aux citoyens. Les pompiers se battent pour sauver des vies."

Il semble que les responsables politiques ont déjà pris toute la mesure du problème. Mais pour les syndicats, ça bloque au niveau du commandement. "Si on prend l'exemple des deuxièmes tenues de feu, ça a été approuvé, les budgets ont été débloqués et les communes font les efforts nécessaires. Mais les tenues ne sont toujours pas là. Il y a une forme d'immobilisme au niveau du commandement. Quelque chose qui devrait être négocié en quelques heures prend plusieurs jours", soupire Olivier Cornero du SLFP.

Mardi, autorités et syndicats ont négocié jusqu'à 23h. Ils remettaient le couvert aujourd'hui. "Nous espérons atterrir dans les heures qui viennent", nous confie Serge Deprez de la CSC avant d'entrer en réunion. "Il faut un sursaut du commandant, qu'il comprenne que nous devons tous œuvrer dans la même direction. D'autant plus que les zones de secours sont touchées de plein fouet par la crise covid. Il est grand temps d'apporter satisfaction aux pompiers avec un règlement de travail digne de ce nom."

Si les discussions capotent, un négociateur fédéral pourrait prendre le relais. Mais les pompiers redoutent qu'un règlement leur soit alors imposé au forceps. Et si certains pensent que le commandant joue la montre pour arriver à cette issue, Baudouin Vervaeke nous dit voir l'intervention d'un négociateur fédéral comme un échec. "Devoir faire appel à quelqu'un d'autre parce que nous n'avons pas réussi, ce n'est jamais une bonne chose", réagit le commandant de la zone de secours. "Tant du côté des autorités que des syndicats, nous souhaitons avancer pour ne pas arriver à ce cas extrême. Je pense que la rupture avec le personnel est liée au temps que prennent les négociations. Il faut arriver à un consensus par rapport à toutes les remarques qui sont véhiculées. On fait le nécessaire pour avancer."