Une plaque explicative sera apposée sous la plaque de rue.

Une pétition lancée sur les réseaux sociaux ce week-end poussait l’Université de Mons à retirer le buste de Léopold II présent au sein de la Faculté Warocqué d’économie et de gestion. À Arlon, une pétition visant à déboulonner la statue du roi a recueilli quelque 300 signatures. À Bruxelles, la statue installée sur la place du Trône a été vandalisée. Bref, depuis quelques jours, la mobilisation s’organise afin de faire disparaitre du paysage les hommages à celui que l’on surnommait le Roi Bâtisseur.

Dans la Cité des Loups aussi, la question s’est posée. La rue Léopold II, à Houdeng, pourrait-elle être rebaptisée ? Ce n’est visiblement pas la volonté des autorités locales. "Nous en avons discuté en collège communal et nous viendrons avec une proposition concrète devant le prochain conseil communal, le 29 juin prochain", précise Jacques Gobert (PS), bourgmestre. Le débat sera alors ouvert.

"Nous ne sommes pas favorables à rebaptiser la rue. D’une part parce que cela provoque de nombreux désagréments pour les riverains. Et d’autre part parce que nous ne souhaitons pas surfer sur l’émotion. Il y a un élément déclencheur, un drame – la mort de George Floyd et la naissance du mouvement Black Lives Matter – mais la problématique n’est pas neuve. La colonisation fait partie de l’histoire de notre pays et même si cette histoire n’est pas reluisante, nous ne pouvons simplement la balayer."

Le collège communal proposera donc au conseil d’opter pour la pose d’une plaque explicative sous le nom de la rue houdinoise. "Il s’agit selon nous de remettre en contexte l’histoire passée, d’expliquer à chacun qui était le Roi, ce qu’il a fait. Nous constatons que peu de gens sont finalement au fait de ce passé colonial et de ses conséquences." À La Louvière, ce type de plaque contextuelle est désormais monnaie courante. Elles sont systématiquement apposées lorsqu’une rue est nommée en la mémoire d’une personnalité, qu’elle soit louviéroise ou non.