Le PTB a déposé une motion pour réclamer la fin de ces pratiques, la majorité arc-en-ciel l'a rejetée.

La situation de cette maman, seule avec ses enfants après s’être séparée d’un conjoint violent, avait suscité de nombreuses réactions. Pour ne pas avoir payé une facture de quatre euros pour des frais de garderie, cette dernière s’était retrouvée face aux huissiers, envoyés à la demande de la ville de La Louvière, et à une nouvelle facture s’élevant désormais à près de 600 euros.

Polémique, le sujet s’est invité à la table des débats du parlement à la faveur d’une motion de l’opposition PTB visant à interdire l’envoi d’huissiers de justice auprès des familles pour y récupérer des frais scolaires impayés. "Ces visites d’huissiers ne devraient pas exister car à la base, ce sont des frais scolaires qui ne devraient pas exister", a-elle plaidé. "Le gouvernement doit prendre fermement position à la suite des événements récents de La Louvière mais aussi dans un cadre plus large."

La députée a par ailleurs expliqué qu’en Flandre orientale, la majorité SP.A-PTB avait décidé d’envoyer, en cas de difficultés financières, non pas des huissiers mais des assistants sociaux, "l’idée sous-jacente étant que lorsque quelqu’un a un problème d’ordre économique, cela cache souvent des difficultés plus profondes. Au lieu d’enfoncer des familles déjà précarisées, la démarche est au contraire de les aider."

Des arguments qui n’ont pas suffi à convaincre puisque la majorité arc-en-ciel a repoussé le projet de motion tandis que dans l’opposition, le CDH s’est abstenu. "Oui, les situations évoquées sont dramatiques et intolérables. Ce sont des pratiques violentes que nous condamnons", a reconnu Delphine Chabbert (PS).

Et de poursuivre : "Mais la Fédération Wallonie-Bruxelles n’a pas la possibilité d’interdire aux écoles de recourir à des huissiers puisque cela ne relève pas de ses compétences. Cette proposition est un effet d’annonce qui n’apporte en réalité aucune solution concrète aux familles", a-t-elle attaqué, ajoutant avoir besoin "de mesures réalisables, d’investiguer, de contrôler davantage les écoles pour qu’elles respectent mieux la législation sur les frais scolaires."

Bref, si tous les partis semblent vouloir éviter que la situation de cette maman louviéroise ne se reproduise, ils semblent finalement peu enclins à agir très concrètement, dès demain.