La décision était attendue mi-décembre, c'est finalement un mois plus tôt que la Ville de Binche a rendu son verdict: le carnaval n'aura pas lieu en 2021.

Les festivités étaient évidemment liées à l'évolution de la pandémie de coronavirus. Or, pas besoin d'être devin, quel que soit le patronyme du bourgmestre, pour prédire que la page du coronavirus ne sera pas tournée en février, quand les Binchois auront rendez-vous avec leur folklore.

En septembre, les autorités lançaient une grande réflexion impliquant les différents acteurs du carnaval pour voir s'il serait possible d'organiser les festivités autrement. Des sociétés de Gilles aux louageurs en passant par les chefs de musique, tous étaient consultés afin d'établir un protocole inédit qui permettrait de fêter le carnaval tout en tenant compte de la crise sanitaire. Mais la deuxième vague bat son plein, et les autorités n'ont voulu prendre aucun risque.

"Toutes les décisions que nous avons prises ont eu comme objectif de préserver la santé de nos citoyens. C'est une décision lourde de conséquences, elle touche à la vie des Binchois et de tous ceux qui aiment le carnaval, dans la région du Centre et bien au-delà", explique le bourgmestre Laurent Devin. "C'est une décision qui est le fruit d'une large concertation avec les forces de sécurité, avec des responsables de la santé publique, avec des membres du comité de concertation que j'ai consultés, mais aussi et surtout avec les présidents de sociétés carnavalesques. Il faudra faire preuve de patience et de courage pour se retrouver en 2022, dans ce folklore que nous aimons tant."

Pour le président faisant fonction de l'Association de Défense du Folklore, il n'était pas possible d'imaginer un carnaval en mode mineur. "Nous avions un espoir, mais avec le temps et l'arrivée de la seconde vague, cet espoir est devenu de plus en plus tenu. Nous ne voulions pas, et c'était très clair d'après les réponses au questionnaire que nous avions soumis aux sociétés, d'un carnaval au rabais", souligne Daniel Pourbaix. "Nous avons donc dû prendre cette décision douloureuse, mais pleine de sagesse. Notre folklore est en deuil, mais nous nous relèverons et serons prêts pour le carnaval 2022."