Vendredi dernier, Braine-le-Comte a été la cible de violents orages et de fortes pluies. Les pompiers, ainsi que les ouvriers communaux, ont travaillé jusque dans la nuit pour venir en aide à certains habitants de la commune, fortement touchés par les intempéries.

Une nouvelle fois, la rue de la Gare à Hennuyères n’a pas été épargnée par les coulées de boues. Rappelez-vous, en juin 2018, la région était touchée par des pluies nommées "centenaires" provoquant des dégâts importants à Braine. Et l’épisode de ce 4 juin a fait resurgir de mauvais souvenirs. "La situation devient invivable", déplore le riverain Benoît Crispeels. "Les dégâts sont de plus en plus graves à chaque fois. Ma maison va devenir un taudis si l'on ne prend pas des mesures rapidement."

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Des dégâts des eaux qui empêchent Benoît et sa femme à vivre normalement "On ne va plus jamais dans mon jardin parce que c’est une véritable jungle", explique l’homme. "La rivière à l’arrière déborde souvent, et la bouche d’égout dans la rue est constamment débordée par les fortes pluies. Je n’en peux plus. J’ai déjà pensé à vendre ma maison, mais personne ne voudra la racheter. J’ai perdu ce pour quoi je travaille tous les jours dans ma vie."

Une situation qui a bien failli coûter une vie en 2018. Une petite fille s’était heureusement rattrapée à la dernière minute sur le bord de la route, après être tombée dans un avaloir sans grille parti sous la pression des eaux. "Un mur mitoyen s’est même effondré parce que la stabilité du sol n’est plus la même après quatre inondations en seulement dix ans. C’est un ras-le-bol général. Mon moral est bousillé, je suis fatigué par toutes ces pertes d’énergie."

Au fil des années, le Brainois a décidé d’entreprendre des démarches. "Je n’ai jamais vu les autorités communales se préoccuper de notre situation", poursuit Benoît Crispeels. "S’il faut aller en justice, et engager un huissier, je le ferai. Je sais que ça coûte énormément, mais j’ai déjà tellement payé à cause de ça… je suis en colère." Il est vrai que l’addition de l’inondation de 2018 a été salée pour l’habitant, avec 30 000 euros de dégâts.

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Le vendredi, le bourgmestre en personne était venu sur place pour aider les services. Interpellé par les témoignages, le collège ne cesse de mettre la pression dans ce dossier. "On comprend tout à fait que ces habitants aient le sentiment que rien ne bouge", explique l’échevin en charge des travaux, André-Paul Coppens. "La rue de la Gare représente un gros dossier, et malheureusement cela prend du temps. Toutefois, il avance bien. Le bureau d’étude a été désigné, et les réunions s’enchaînent entre les différents services."

Plusieurs projets sont en cours. Une zone d’immersion temporaire sera créée afin de régler les problèmes de pression d’eau, avec un système d’écluse. Des travaux permettront de mettre en place un bassin de précipitations, mais pour cela des démarches restent compliquées. "Pour la zone d’immersion temporaire, nous devons exproprier des terrains agricoles", ajoute André-Paul Coppens. "Donc évidemment, cela prend du temps, mais l’évènement de ce 4 juin a accéléré la procédure. Aussi, un bassin de 50 ares demande des autorisations et une construction plus importantes qu’une simple maison."

Face à l’inquiétude des habitants de la rue, un courrier est en cours de rédaction pour prévenir de l’état des lieux du projet. Il devrait être distribué dans les prochains jours.