L’accusée handicapée a tué son compagnon qui voulait la quitter.

Le procès de Béatrice Latinne, accusée du meurtre de Jean Gillard perpétré à Courcelles le 27 juillet 2018, a débuté jeudi matin aux assises du Hainaut à Mons.

Reconnue handicapée à 66 %, l’accusée n’a jamais travaillé. Béatrice Lattine dit avoir été placée à l’âge de deux ans et demi et avoir été frappée par son papa, qui aurait aussi abusé sexuellement d’elle, ce qui ne ressort pas de l’enquête. "Il me prenait pour sa femme. J’avais huit ou neuf ans. Je n’en ai jamais parlé avant."

L’accusée dit être analphabète et, après avoir quitté le home dans lequel elle a grandi, elle a virevolté chez des amis. Elle a ensuite rencontré un homme plus âgé qu’elle avec lequel elle a vécu seize ans. "Je l’aimais, j’étais bien avec lui", dit-elle au sujet de cet homme qui avait quarante-huit ans de plus qu’elle.

À la mort de cet homme, elle s’est retrouvée seule. Elle a rencontré, en septembre 2017, Jean Gillard, un ouvrier en bâtiment qui touchait le CPAS, dans un café d’une station-service. "On se voyait, on se parlait. Deux jours après, il était chez moi." Le couple vivait, en compagnie du chien de Jean, dans un petit studio situé sur la place Jean Ransy à Courcelles. Une odeur pestilentielle régnait dans le logement de douze mètres carrés.

Le couple sortait souvent dans les cafés "parfois du matin jusqu’au soir".

Le 27 juillet 2018, elle a bu une dizaine de bières en attendant le retour de Jean, vers 16 h, qui était en état d’ivresse avancée. "J’étais fâchée. Je lui avais téléphoné, je lui avais envoyé des SMS. Il m’a dit qu’il venait reprendre son chien, qu’il me quittait et il m’a balancé les clés."

Une dispute a éclaté. Elle déclare "qu’elle a vu noir" quand il lui a dit qu’il partait. "Je me suis levée et j’ai pris le couteau. J’étais en colère car j’en avais marre des disputes. J’ai pris le couteau avec ma main droite et je lui ai porté un coup dans le ventre." Interrogée sur l’intention de tuer, l’accusée répond qu’elle n’a ni voulu le blesser, ni le tuer.