Ce premier week-end d'août, le site du Plan incliné était bien plus calme que d'ordinaire. Et pour cause, le Ronquières Festival a dû faire l'impasse. Pas une surprise. La douloureuse nouvelle était tombée il y a plusieurs mois. Mais son boss, Jean-François Guillin avait profité du confinement pour mettre sur pied une alternative qui tiendrait compte des mesures sanitaires. My Garden Festival était né, proposant à des artistes de se produire dans les jardins de particuliers, devant un public limité.

Hélas, après quelques éditions qui ont eu le mérite de mettre du baume au cœur, de nouvelles mesures plus restrictives ont été décidées alors que le nombre de cas de coronavirus repartait la hausse. Plusieurs dates de My Garden Festival étaient prévues en août. Elles tombent à l'eau.

De quoi inspirer une lettre ouverte que Jean-François Guillin a adressée sur les réseaux sociaux au gouvernement et à ses représentants. L'organisateur est agacé, mais reste dans un esprit constructif. Son but reste de trouver des solutions pour un secteur culturel qui est particulièrement touché par les mesures sanitaires. Le Binchois rappelle ainsi qu'au début de la crise du coronavirus, la Première ministre Sophie Wilmès s'était dite confiante pour les artistes, des "personnes créatives", "capables de trouver des solutions" pour se réinventer et continuer à exercer leur métier…

" Se montrer créatif et trouver des solutions pour nous réinventer, c'est ce que nous avons fait ", réagit Jean-François Guillin. " Nous l'avons fait avec My Garden Festival. D'autres festivals ont aussi mis sur pied des alternatives. Ça nous a demandé du temps et de l'investissement. Et ça ne nous rapportait rien. Mais il fallait montrer que nous étions encore là, ne pas rester des mois sans rien faire. Et puis on nous le retire d'un coup, sans aucune concertation. À chaque fois, on nous en remet une couche, et on finit par se dire qu'on ne va pas s'en sortir. Je sais que cette crise n'est pas simple à gérer. Mais le secteur culturel semble vraiment délaissé par rapport à d'autres secteurs pour lesquels des solutions sont mises en place."

Pour l'organisateur du Ronquières Festival, le gouvernement manque de créativité. " On a l'impression que les autorités appliquent des formules mathématiques sans beaucoup d'imagination. Beaucoup de personnes dans les secteurs culturel et événementiel sont prêtes à discuter avec le gouvernement. La créativité est au cœur de notre métier. Quand on organise un festival, on est constamment confronté à des imprévus et on doit toujours trouver des solutions. Pourquoi notre secteur n'est-il pas consulté? Nous pouvons proposer des tas de choses et on verra ce qui est possible. Mais on ne peut pas continuer comme ça. "