Jean-Luc Crucke (MR) est probablement tombé de haut, et il n’est pas le seul. Le ministre wallon du budget a en effet essuyé un véritable désaveu de la part de son propre parti, alors qu’il proposait un texte visant à permettre de lutter plus efficacement contre des pratiques destinées à échapper et/ou à contourner certains impôts. Approuvé par le gouvernement, le texte a été recalé par le MR, certains députés jugeant qu’il s’attaquait à une partie de l’électorat du Mouvement Réformateur.

Il n’en fallait pas plus pour que l’on se demande si Jean-Luc Crucke, ainsi isolé au sein de son propre parti, aurait la volonté de se maintenir à son poste. Ce dernier peut malgré tout compter sur le soutien de quelques partisans, notamment dans la Cité des Loups. L'ex-président du MR Louviérois a en effet jugé que la proposition du ministre du budget allait dans le bon sens et envoyait un message positif.

"Sérieux, Georges-Louis Bouchez, faut arrêter avec cette habitude de défendre les favorisés", écrit-il sur sa page Facebook. "On se bat sur le terrain pour démontrer au quotidien que le MR est le parti le plus utile aux classes moyennes et laborieuses, ce qui est factuellement vrai, et en une seule prise de position purement politicienne, nos parlementaires mettent tout cela à terre ! Notre étiquette de parti des riches a encore de beaux jours devant elle, avec de telles décisions..."

Le réformateur ne mâche donc pas ses mots et n’hésite pas à qualifier cette décision d’électoraliste et de sidérante. Bref, pour certains comme pour le principal intéressé, il s’agit d’un échec. Seuls le PS et Ecolo se sont d’ailleurs engagés à le soutenir, contre son propre groupe. À l’heure où des changements sont réclamés à cor et à cri par les citoyens, pas sûr que cette nouvelle polémique permette de redorer le blason du monde politique.