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L’auditeur du travail mène la chasse aux clubs dans l’illégalité. La Louvière-Centre, champion de D2 amateurs, est dans le viseur. Selon l'auditorat du travail, aucun joueur du club n'est déclaré à la sécurité sociale.

Le football amateur tremble... L'auditorat du travail du Hainaut se penche actuellement sur les statuts des joueurs de tous les clubs de D2 amateurs. Et ses révélations sont troublantes. Des descentes ont déjà eu lieu à l'Olympic Charleroi, au Stade Brainois ou au Stade Symphorien. Le prochain club dans le viseur est clairement l'UR La Louvière-Centre qui vient d'être sacré champion ce week-end et qui évoluera en D1 amateurs la saison prochaine. Le point avec Charles-Eric Clesse, auditeur du travail du Hainaut.

Monsieur Clesse, quelle est la situation à l’URLC ?

"Ce ne sont que des joueurs déclarés comme bénévoles. Tous les joueurs, sans exception. Et il y a aussi des chômeurs français. Aucun joueur n'est déclaré à la sécurité sociale. Le club déclare uniquement des frais de déplacement ou des primes de match qui sont à charge de l’employeur et non-soumis dans le chef du travailleur. Il est clairement impossible de n’avoir que des bénévoles dans un club de D2 amateurs. Il va falloir que les gens comprennent qu’il faut déclarer à la sécurité sociale lorsqu’une certaine somme d’argent est payée."

Des descentes ont déjà eu lieu au Stade Brainois, à Saint-Symphorien et plus récemment aussi à l’Olympic Charleroi. D’autres clubs sont concernés ?

"Oui. Je ne suis pas contre tel ou tel club, je veux simplement que les clubs hennuyers de D2 amateurs respectent certaines règles (en D3 amateurs aussi d’ailleurs). Et ça ne vise pas exclusivement La Louvière-Centre. De nombreux autres clubs du Hainaut sans dans le même cas. C’est totalement anormal. Peut-on concevoir qu’un club comme la RAAL, qui joue le jeu et paye ses joueurs entre 800 et 1800 euros par mois, ait des difficultés à trouver des joueurs ? Alors que dans la même division, les autres clubs affirment que leurs joueurs sont bénévoles et qu’ils acceptent les 1600 euros annuels… Si c’est vrai, tout le monde devrait courir à la RAAL qui paye un vrai salaire. Mais personne ne le fait. C’est risible ! L’URLC va monter en D1. C’est déjà compliqué voire impossible de jouer en D2 amateurs avec uniquement des bénévoles. Ça le sera encore plus en D1…"

Vous allez aussi vous atteler au football provincial ?

"Voyons déjà avec la D2 amateurs puis la D3 amateurs où il y a des dizaines de clubs."

Que risquent les clubs ?

"J’attends de voir que les clubs me contactent afin de régulariser leur situation. Je leur ai ouvert la porte en leur disant que j’étais prêt à tourner la page sur le passé. Mais si ce n’est pas le cas et qu’on ne vient pas me trouver, il faut s’attendre à avoir des suites d’enquête. Et si nous trouvons de la fraude sociale, il y aura des fermetures de clubs, des mises sous scellés et des citations en correctionnel qui peuvent aboutir à des peines jusqu’à 3 ans de prison et des amendes de 40 000 euros par joueur non déclaré. Le message doit passer : nous sommes ouverts à la discussion mais il sera bientôt trop tard pour le faire."

Et sportivement, l’URLC pourrait perdre sa montée tout juste acquise ?

L’Union belge devra prendre ses responsabilités. Si l’UB accepte qu’ils montent en D1 amateurs, ils le feront.

La D2 amateurs étant nationale, peut-on s'attendre à la même chose dans les autres provinces ?

"Des clubs ailleurs se sont déjà faits contrôler mais il n’y a pas encore eu de contrôles d’envergure dans les autres provinces comme ce que nous faisons actuellement dans le Hainaut. Ce sont des choses desquelles nous pouvons discuter avec les collègues pour voir si ça les intéresse aussi. Nous pouvons éventuellement d’abord voir ce que ça donne dans le Hainaut avant de faire la même chose ailleurs. Mais chaque chef de corps est indépendant tant que ce n’est pas une politique nationale."

Comment contrer cela ?

"Il faut que les clubs se mettent autour de la table avec les parlementaires ou le gouvernement afin d’écrire un texte qui convienne. Je l’appuierais s’il le faut. Cessons de croire que la justice est naïve et qu’il faut tout croire."

> Le président de l'URLC réagit