Avec la fermeture forcée des cafés, bars, tavernes et restaurants pour la seconde fois en l'espace de six mois, le monde brassicole belge est forcément lui aussi en souffrance. Les volumes de bière produits pour le secteur Horeca atteignent parfois 50 % dans certaines brasseries du pays. Mais pour la Brasserie St Feuillien, le plus gros producteur de bière de la région du Centre, la crise a jusqu'à présent été parfaitement maîtrisée.

Inévitablement, les ventes de la gamme St Feuillien ou de la gamme Grisette ont chuté suite à ces fermetures mais aussi à cause de l'annulation de grands événements ou festivals. Toutefois, la diversification des revenus permet à la brasserie du Roeulx de garder la tête hors de l'eau. "Environ 20 % de notre production par dans l'Horeca belge et 35 % pour la grande distribution belge", explique Dominique Friart, administratice-déléguée de la brasserie St Feuillien.

"Cette diversification nous aide beaucoup", assure-t-elle. "Je peux même dire que cela compense bien les pertes liées à l'Horeca. Par chance, nous avons beaucoup misé sur la grande distribution ces dernières années en travaillant avec des enseignes clés. Les consommateurs qui ne peuvent plus aller dans les bars et restaurants peuvent retrouver nos produits dans les rayons des magasins. Nous avons d'ailleurs connu un très beau printemps grâce à cela puis un très bel été avec la réouverture de l'Horeca."

Cette stratégie s'applique pour la Belgique mais aussi pour l'étranger. Il est vrai qu'environ 45% des volumes de la brasserie partent à l'exportation. "Forcément, les ventes à l'étranger ont baissé à cause des confinements dans les pays voisins. Mais nous sommes parvenus globalement à limiter la casse. Bien évidemment, nous n'atteindrons pas nos objectifs fixés en début d'année. Mais il serait mal venu de nous plaindre."

La famille Friart met aussi en avant la faculté d'adaptation de la production en fonction des demandes. "Grâce à notre petite équipe qui fait preuve de beaucoup de flexibilité, nous avons pu avancer avec de courtes échéances et nous adapter rapidement durant cette période particulière où tout changeait très vite", insiste Dominique Friart. "Nous n'avons d'ailleurs jamais arrêté de brasser, même lors du premier confinement qui était très strict."

En parallèle, la Brasserie St Feuillien a pu travailler sur le dossier de création de son futur centre de soutirage. Il s'agit d'un projet colossal estimé à 12 millions d'euros qui permettra d'encore booster la production de bouteilles, notamment pour la grande distribution. "Nous travaillons très activement sur ce projet. La situation actuelle nous a d'ailleurs renforcés dans cette idée. Nous espérons déposer la demande de permis au début de l'année 2021."