Le Roeulx et l'Irlande sont unies par une histoire vieille de près d'un millénaire et demi. Au VIIe siècle, le moine Faolan, ou Feuillien, quitta Galway et son île pour évangéliser le continent. Mal lui en prit puisqu'il se fit décapiter sur le territoire du Roeulx alors qu'il partait rejoindre son frère dans un monastère en France. Sur les lieux du crime, ses adorateurs érigèrent une chapelle en son honneur, qui deviendra la florissante abbaye de Saint-Feuillien.

Aujourd'hui, la bière Saint-Feuillien se charge de perpétuer le souvenir de l'abbaye. Quant au vent du Connemara, il soufflera à nouveau avec vigueur le 23 octobre prochain, à l'occasion du Faolan Irish Trad Festival, un festival dédié à la culture irlandaise. L'événement voit le jour grâce à Ronan Healy, Irlandais francophile installé depuis deux ans à Mignault. "Je suis un amoureux du français et de la culture francophone. La première fois que je suis parti à l'étranger quand j'étais enfant, c'était en France et pendant longtemps pour moi, l'ailleurs, c'était la France", nous explique-t-il.

Désormais installé en Belgique depuis 10 ans et professeur d'anglais, il se plait à promouvoir la culture irlandaise et, après avoir organisé des bals folkloriques à Leuven, a proposé au Centre culturel du Roeulx de créer un festival. Celui-ci ne s'est pas fait prier et a laissé à Ronan le soin de piloter la programmation. "J'ai voulu un festival avec au départ de la qualité." Pas question d'un événement "un peu soupe celtique", d'autant qu'en Belgique, il y a les talents qu'il faut pour éviter cet écueil.

"On a la chance d'avoir en Belgique des musiciens et des danseurs irlandais de grande qualité", souligne Ronan, citant la tête d'affiche du festival, Shantalla, basé en Belgique depuis 25 ans, "qui est le meilleur groupe belge de musique irlandaise." Cette concentration de talents irlandais expatriés est sans nulle doute due aux nombreuses institutions européennes à Bruxelles.

Le folklore, la vitrine irlandaise

Et, particularité des Irlandais, quand ils s'expatrient, c'est souvent avec leur culture dans les bagages. "C'est peut-être parce que nous sommes un pays qui a longtemps été colonisé et opprimé, qui a dû lutter pour son indépendance et sa culture. Et un peuple opprimé devient super fier de sa culture."

Une culture qui se transmet aux jeunes générations, permettant au folklore irlandais d'être toujours aussi vivant. Une culture qui se transmet aux jeunes générations, permettant au folklore irlandais d’être toujours aussi vivant. Les millions d’immigrés irlandais qui font vivre la danse et les airs irlandais dans le monde entier sont devenus autant d’ambassadeurs de la verte Erin. Ce que l’État irlandais a bien compris, l’ambassade soutenant le Faolan Trad Fest. “Ils savent que c’est ce qui attire les touristes en Irlande, ce n’est pas le soleil”, sourit Ronan. Qui espère que le festival rhodien se perpétuera et grandira dans les années à venir.

Qui espère que le festival rhodien se perpétuera et grandira dans les années à venir. En tout cas pour la première édition, c'est déjà bien parti: deux concerts sont déjà sold-out et le centre culturel voit affluer les réservations au-delà de ses abonnés habituels.

Trois sites pour tous les publics

Le festival se déroulera sur trois sites différents: l'ancien hôpital Saint-Jacques, la salle "Grand Cru" de la brasserie St-Feuillien et la salle polyvalente du Centre culturel. Au programme: conférence d'histoire, des contes, des sessions acoustiques à la mode des pubs irlandais, des concerts de musique irlandaise, de la danse…Toutes les infos sont à retrouver sur www.leroeulxculture.be.