L’incompréhension domine. Alors qu’elle aurait pu soutenir les étudiants de l’enseignement secondaire, en difficulté après une année particulière et difficile, tout en permettant aux étudiants des universités, hautes écoles et école supérieure des arts de travailler en tant que jobiste, la ville de La Louvière a laissé passer sa chance de répondre à l’appel à projets Plaisir d’apprendre.

Lancé par la Fédération Wallonie-Bruxelles, ce dernier vise à aider les communes à organiser des remédiations pour leurs élèves de l’enseignement secondaire cet été. 2,8 millions d’euros étaient prévus, seuls 652 000 euros seront finalement utilisés, faute de candidats. "La ville de La Louvière ne s’est pas inscrite alors qu’elle se veut économique, humaine et sociale", regrette Merveille Sassia, conseiller communal (MR-IC).

"D’autant que la ville utilise l’argent du plan de relance pour proposer des contrats de travail aux étudiants du supérieur. A côté de cela, elle ne prend pas le soin de s’inscrire à une opération qui vise précisément à donner des jobs étudiants aux jeunes de notre entité, tout en préservant la santé mentale et en créant du lien social. C’est incompréhensible."

La ville de La Louvière a bien pris connaissance de l’appel à projets. "Mais il ne concerne que les étudiants du cycle secondaire et de notre côté, nous avions lancé, avant de prendre connaissance de cette initiative, une réunion entre les directions d’établissement scolaire et nos services. L’idée était de proposer des remédiations le matin et, l’après-midi, des activités sportives et culturelles", explique Françoise Ghiot (PS), échevine de l’enseignement.

"Peu de temps après cette réunion, nous avons appris que l’Institut Saint-Joseph proposait déjà des remédiatins. Puisqu’une école secondaire le faisait déjà, nous n’avons pas eu la volonté de faire doublon." La ville ne proposera dès lors aucun soutien à ses jeunes, cet été. "On pourrait avoir des regrets, bien sûr, mais nous n’avons eu que peu de temps pour répondre à cet appel à projets et le temps nous a manqué."

Et l’échevine de poursuivre : "Nous avons tellement de projets sur le feu qu’il est difficile d’avoir la tête à tout, surtout à l’issue d’une année aussi compliquée. Nous avons principalement travaillé dans l’urgence et au cas par cas. Nous avons fait notre possible." L’appel à projets de la FWB a le mérite d’exister et s’avère nécessaire compte tenu de la détresse psychologique de certains étudiants.

Mais il n’a visiblement pas rencontré le succès escompté. À la date limite de candidature, 90 communes wallonnes et bruxelloises s’étaient manifestées, ce qui représente environ 30% des entités éligibles.