2050, c’est loin… Mais c’est aussi demain. C’est dans cet état d’esprit que le collège communal de la Louvière a décidé d’avancer et de mettre sur pied son projet de ville. Ce dernier sera officiellement présenté au conseil communal en avril prochain mais les grandes lignes sont d’ores et déjà connues. Il est notamment question de totalement repenser la politique d’aménagement du territoire.

"C’est un projet qui est prêt depuis déjà quelques mois mais compte tenu de la situation sanitaire, nous avons estimé que le moment n’était pas opportun pour le présenter", confie Jacques Gobert (PS), bourgmestre. "Ce n’est pas quelque chose de figé. Il s’agit d’un outil stratégique pour assurer le développement de la ville selon quelques grandes lignes de force." Ce projet de ville s’étale jusqu’à l’horizon 2050.

"Nous sommes conscients que cela peut paraitre loin mais en réalité, nous avons besoin d’y voir plus clair dès à présent. La vision que nous avons de la ville de demain doit dès maintenant se traduire sur le plan urbanistique. C’est pour cette raison que nous sommes déjà entrés en conflit avec certains promoteurs, qui disposent de terrains et qui veulent à tout prix les valoriser. Nous comprenons cette logique mais nous ne pouvons plus nécessairement l’accepter."

Le bourgmestre se dit convaincu que la ville de La Louvière atteint peu à peu sa densité de population maximale. Un constat qui se traduit dans les chiffres, puisque selon Statbel, elle est actuellement de 1257 habitants par km2, là où la moyenne belge est de 375 habitants au km2. "Le vivre ensemble est de plus en plus difficile et nous ne voulons pas aller au-delà de ces chiffres, déjà importants. Nous voulons que la vie en communauté ne se fasse pas au détriment de la sécurité, de l’épanouissement, du cadre de vie."

Et pourtant, l’enjeu est de taille. "Nous sommes conscients que la population va continuer de croitre et qu’il faudra l’accueillir. Mais cette évolution démographique doit être gérée à l’échelle d’un pays, d’une région, et non pas d’une commune. Nous devons réfléchir dès maintenant à trouver l’équilibre en permettant la construction de nouveaux logements, sans plus grignoter les terres et supprimer les espaces verts au profit du béton."

Mené sur base du constat dressé par une société externe, le projet de ville mise donc sur "une ville parc." "C’est un constat qui peut paraitre très surprenant de prime abord, mais notre commune est très verte. Notre projet consiste donc à valoriser ces espaces, à les développer et à les intégrer dans tous nos nouveaux projets, y compris lorsqu’il s’agit de projets wallons ou européens."