Ouvert au début du mois d’avril, le Wallride Boardshop semble déjà avoir trouvé son public ! Il faut écrire que dans la Cité des Loups et plus globalement dans la région, un magasin totalement dédié au skateboard et à la trottinette faisait cruellement défaut. Aujourd’hui, le manque est comblé… Ou en partie, du moins. Du haut de ses 23 ans, Antoine Dersin entend bien pousser le concept plus loin et offrir aux sportifs, qu’ils soient amateurs ou passionnés, des infrastructures dignes de ce nom.

Aujourd’hui, ceux-ci sont obligés de prendre le chemin du skatepark de Strépy-Bracquegnies pour profiter des pistes et des rampes. "J’étais déjà convaincu qu’il fallait en faire plus avant d’ouvrir mon shop, j’en suis désormais plus sûr que jamais", explique Antoine Dersin. "On a des collaborations, des projets qui se préparent avec le skatepark de Strépy, c’est vraiment très positif. Mais ce n’est pas encore suffisant."

Et de poursuivre : "C’est beaucoup trop cadré. Il y a des jours d’ouverture et de fermeture, des horaires, une entrée à payer,… Beaucoup de riders sont des jeunes qui n’ont pas forcément les moyens ou la possibilité de s’y rendre. Ma volonté est claire : profiter d’un skatepark en centre-ville, qui serait totalement libre d’accès. La Louvière est une grande ville et la communauté de riders est vraiment très importante."

Évidemment, seul, Antoine Dersin ne pourra rien faire. "Je vois ce qui se fait ailleurs, par exemple à Mons, et je compte suivre l’exemple en lançant une pétition. Je veux arriver auprès des autorités communales avec du concret, des preuves qui témoignent d’un besoin, d’une attente. Je suis persuadé que l’engouement sera réel. Je vais commencer à en parler à ma clientèle." Ce projet, le jeune Framerisois, passionné, souhaite le concrétiser aussi rapidement que possible.

"Ça me tient à cœur parce que je sais à quel point le sport, notamment les sports urbains, peut permettre l’intégration sociale des jeunes et leur éviter de zoner, de faire des conneries. Je n’ai pas la prétention d’avoir la solution à tous les problèmes mais le skate, c’est l’école de la vie. C’est une discipline qui permet à beaucoup d’éviter les problèmes de drogues, d’alcool,…"

Bref, Antoine Dersin entend être le porte-parole de toute une communauté et devenir un relais entre cette dernière et l’autorité locale. "Le stakepark de Mons a coûté près de 400 000 euros. On n’en demande pas tant, certains modules peuvent être construits à moindre coût. À Paris, certaines structures abritent des bornes pour le wifi public tout en étant utilisé par les skatteurs. C’est d’une pierre, deux coups, en quelque sorte."

Pour rappel, le Wallride Boardshop est situé sur la place Mansart. La cellule a pu être aménagée dans le cadre du projet de maternité commerciale porté par la ville de La Louvière. Preuve que cette dernière a été convaincue par les intentions du jeune gérant.