C’est l’un des projets qui pourrait bien voir le jour grâce à l’intervention du gouvernement wallon et à sa politique intégrée de la ville (PIV). Sur l’enveloppe de 24,1 millions d’euros qui lui est accordée, la ville de La Louvière devrait en consacrer un peu plus d’un million en faveur des personnes les plus précarisées. Le CPAS espère en effet pouvoir aménager un abri de nuit dans le bâtiment dit Maison de la Solidarité, situé à la chaussée de Jolimont.

Le projet n’est pas neuf. Mais jusqu’ici, les finances avaient manqué pour que le CPAS puisse lancer concrètement les démarches. Le coup de pouce de la région wallonne est donc particulièrement apprécié. "Notre abri de nuit actuel existe depuis une dizaine d’années et le constat posé il y a 10 ans n’est plus nécessairement le constat posé aujourd’hui", souligne Nicolas Godin (PS), président du CPAS de La Louvière.

"Nous devons nous rendre à l’évidence, il y a de plus en plus de personnes sans abri ou mal logées sur notre territoire. Nous ne voulons plus faire face à d’éventuels refus et devoir reloger ces personnes dans l’urgence. Pour y parvenir, nous n’avons pas d’autre choix que d’augmenter la capacité d’accueil de l’abri de nuit." Les premières esquisses permettraient de passer d’une capacité de 12 à 24 lits.

Cinq chambres individuelles, huit chambres doubles et une chambre familiale seraient aménagées. Une aile serait réservée aux femmes, une autre aux hommes. "Nous envisageons quelque chose d’assez modulable car le demande n’est pas constante. Les chambres seraient en tout cas plus grande, notre public serait accueilli de manière plus bien confortable qu’actuellement." Bien entendu, qui dit augmentation de la capacité d’accueil dit augmentation du nombre d’encadrants.

"Il ne s’agit encore que d’un projet, de nombreux points doivent encore être discutés mais la volonté est réelle. La Maison de la Solidarité est un bâtiment imposant qui accueille actuellement une partie des services du CPAS, mais aussi la CUC et quelques associations. Nos équipes reviendront, dans les prochains mois, sur le site de la Concorde. Ils vont ainsi libérer l’équivalent de ¾ du bâtiment."

Autant écrire que les possibilités seraient alors nombreuses. "Nous souhaiterions que tout l’étage soit réservé à l’abri de nuit et que les associations occupent le rez-de-chaussée", complète Nicolas Godin. Des consultations médicales pluridisciplinaires (aide psychologique, santé mentale, assuétude,…) et des consultations vétérinaires seraient également proposées. Rassembler l’ensemble des services concernés par la problématique du sans-abrisme serait bien entendu une plus-value.

Les travaux pourraient débuter en février 2023 et s’étaler sur un an. L’intervention de la Région wallonne s’élèverait à 782 628 euros. 257 972 euros resteraient à charge du CPAS.