La maman louviéroise, seule avec ses deux enfants, n'a jamais reçu les courriers, détruits par son ancien compagnon.

Aux difficultés sociales s’ajoutent désormais d’importantes difficultés financières. Une maman seule avec deux enfants, originaire de La Louvière, se retrouve en effet bien démunie face à l’administration. De frais de garderie de quatre euros, elle est passée à une facture de 600 euros et à la menace de saisie par les huissiers.

Autant écrire que la situation interpelle. Mais du côté de la ville de La Louvière, on explique qu’il s’agit d’une procédure normale. “Il s’agissait en fait de deux factures, l’une d’un euro, l’autre de trois euros”, explique Valérie Dessales, directrice financière. “Des rappels ont été envoyés avec une majoration du montant et un nouveau délai de paiement mais il n’y a eu ni réaction et paiement, ni réclamation.” Le processus s’est donc poursuivi.

“De notre côté, nous arrivons en bout de ligne. Lorsque nous envoyons nos courriers, nous ne savons pas à qui nous les adressons. Notre attention n’a pas été attirée par l’un ou l’autre élément qui aurait pu nous laisser penser à un problème. Étant donné que les frais de garderie auxquels on ajoutait les frais de rappel dépassaient les 25 euros, la procédure de recouvrement a été lancée.” Seulement voilà, la maman n’a jamais reçu les premières factures, pas plus que les rappels.

Séparée d’un conjoint violent, elle n’a réintégré son domicile que récemment. “Son ex-conjoint avait jeté tous les courriers, il n’y a jamais eu accès”, explique Aline, une amie de la maman. “Il est tout de même hallucinant de constater que rien n’a été mis en place pour comprendre pourquoi elle ne payait pas ces quatre euros. Lorsque j’ai constaté qu’on lui réclamait désormais plus de 600 euros, elle ne comprenait pas pourquoi. Les démarches administratives et judiciaires sont difficiles car le français n’est pas sa langue maternelle.”

La direction de l’école aurait quant à elle tenté d’alerter… la fille aînée de la famille. Une façon de faire qui pose question. “Je suis tombé de ma chaise lorsque j’ai pris connaissance de l’attitude de la direction de l’établissement”, annonce Bernard De Vos Dumont, délégué général aux droits de l’enfant. “Nos recommandations sont claires : les enfants ne doivent pas être mêlés aux soucis d’argent. D’autres solutions sont possibles pour entrer en contact avec la maman.”

Pour ce dernier, la facture de quatre euros aurait simplement dû être oubliée. “Les relations entre familles et écoles ne sont déjà pas forcément aisées alors si l’on rajoute des problèmes d’argent… Même pour l’exemple, on ne devrait pas faire un fromage d’un tel montant. Encore moins sans avoir fait intervenir les services sociaux pour documenter la situation de la personne concernée.”

Aujourd’hui, 250 euros ont déjà été remboursés. La maman, qui ne jouit que de bas revenus avec deux enfants à charge, est désormais épaulée par le CPAS.