Dans les six premiers mois de 2020, 12 féminicides étaient officiellement recensés en Belgique. 12 de trop et 12 qui ne représentent que la partie visible d’une problématique bien plus vaste et plus sournoise : la violence faite aux femmes. À l’initiative des femmes du PTB, une action de sensibilisation était menée en amont du dernier conseil communal.

Une pancarte floquée du nom d’une victime à la main et d’un hashtag #balancetaplainte, celles-ci avoir espoir que le conseil vote cinq mesures contre ces violences à l’encontre des femmes, dont l’amélioration de l’accueil des plaintes par la police. Des plaintes qui, trop souvent selon le PTB, sont minimisées voire refusées par la police.

"La Belgique a ratifié la Convention d’Istanbul en 2016", explique Livia Lumia, conseillère communale. "C’est le premier instrument juridiquement contraignant au niveau européen pour lutter contre les violences faites aux femmes. L’état est obligé de mettre en œuvre ces mesures. Pourtant, seulement 20 % de la convention est d'application chez nous. Cela doit devenir une priorité politique, y compris au niveau de la ville de La Louvière."

Et de poursuivre : "Nous venons avec des revendications concrètes. Nous demandons un état des lieux chiffré des violences faites aux femmes dans la commune, un plan d’action pour appliquer la Convention d'Istanbul au niveau local d’ici 2022, des formations spécifiquement axées sur les violences faites aux femmes pour la police locale, une campagne de communication pour encourager les victimes à porter plainte, et une plateforme de dialogue entre la police, le conseil consultatif des femmes et le secteur associatif."

Sur base d’une motion proposée par le PTB, le débat a donc été lancé. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’est avéré houleux. "Je suis sincèrement choquée par le dépôt de cette motion qui traduit une vraie méconnaissance du travail de terrain", s’est emporté Danièle Staquet (PS), conseillère communale et ancienne échevine. "La lutte contre les violences faites aux femmes ne date pas d’aujourd’hui, de très nombreuses actions ont déjà entreprises. Nous n’avons pas attendu une motion du PTB !"

De longues minutes durant, la majorité a rappelé que cette problématique constitue une priorité et que "tant la ville que son conseil consultatif de l’égalité hommes-femmes que sa zone de police mènent un travail quotidien en la matière." Les élus ont encore rappelé que toutes les propositions d’actions proposées par le PTB étaient déjà entreprises par la ville et ses acteurs et reproché à ce dernier de ne pas avoir envoyé de représentants dans les instances compétentes, par exemple les conseils consultatifs, pour aborder le sujet et faire avancer les choses. La motion a de ce fait été rejetée.